"L'offre créée sa propre demande" - Jean-Baptiste SAY

"Tout chômage quelconque a uniquement sa cause dans le fait que des changements dans les conditions de la demande ont lieu sans cesse, et que les résistances de frictions empêchent que l’ajustement des salaires appropriés ne s’effectue instantanément" - Arthur Cecil PIGOU

"Il [cf. l'économiste] doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur" - John Maynard KEYNES

"L’inflation est toujours un phénomène monétaire" - Milton FRIEDMAN

"On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple" - Victor HUGO

"Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées." - Winston CHURCHILL

"Hélas! Qu'y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l'impôt ?" - Benjamin FRANKLIN

"Les hommes n'étant pas dotés des mêmes capacités, s'ils sont libres, ils ne sont pas égaux, et s'ils sont égaux, c'est qu'ils ne sont pas libres" - Alexandre SOLJENITSYNE

"Tout l’art du bon gouvernement consiste à plumer l’oie de façon à obtenir le maximum de plumes avec le minimum de cris" - Jean-Baptiste COLBERT

"Bien entendu, tout pays est sous-développé en ce sens que, n’étant pas encore parvenu à épuiser ses possibilités virtuelles, il est capable de continuer à avancer dans la voie du progrès technique" - Paul SAMUELSON

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Analyses de l'économie

03/09/19 Comprendre la notion d'avantage concurrentiel

Pourquoi votre concurrent affiche-t-il une rentabilité plus élevée que votre entreprise ? C’est sûrement qu’il détient ce que l’on appelle un avantage concurrentiel. L’avantage concurrentiel c’est ce qui permet à une entreprise de faire mieux que ses concurrents, en créant plus de valeur pour ses clients ou avec des coûts de production plus bas pour une offre comparable. C’est un concept clé de la stratégie d’entreprise, introduit par Michael Porter et popularisé dans les années 1980.

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02/09/19 David Ricardo contre les machines

Considéré comme un des pères de l’économie libérale, David Ricardo (1772-1823) a exprimé une vue très inattendue concernant la question de la substitution des machines aux hommes lors de la Révolution industrielle : s'il condamne les luddites et est favorable au progrès, il scandalise ses contemporains en soutenant que la mécanisation a un effet nocif sur l’emploi à court terme. Par Romain Treffel.

D. Ricardo

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30/08/19 La Russie et nous

La Russie d’aujourd’hui ne laisse pas indifférente en France et en Occident. Pour certains, elle est un espoir, la gardienne des valeurs conservatrices occidentales et Vladimir Poutine un homme fort qui pourrait servir de modèle aux chefs d’État d’Europe de l’Ouest. Pour d’autres, elle est une menace, qui s’en prend à l’Ukraine et à la Syrie, qui manipule les élections aux États-Unis et qui fait preuve d’un autoritarisme qui n’a pas sa place dans nos démocraties libérales. La Russie fascine la France depuis au moins la fin du XIXsiècle et le rapprochement diplomatique avec elle. En dépit des tensions et des refroidissements entre gouvernements, les peuples russes et français ont su se connaître et s’apprécier. La Russie avait laissé un mauvais souvenir en France, à la suite de son invasion du nord du pays après la retraite de Napoléon. Comme la France avait laissé un mauvais souvenir à la suite de la conquête de la Russie et de la prise de Moscou. Durant la Guerre froide, la méfiance fut très grande, y compris à gauche, les socialistes et les gauchistes étant plus portés vers la Chine de Mao et les pays du tiers-monde que vers Moscou. Les relations se sont réchauffées aux débuts des années 2000, quand la Russie était faible, avant de se refroidir depuis, quand la Russie a voulu redevenir forte. L’image d’autoritarisme et de tsarisme reste vivace dans les esprits.

Mais les peuples ont su s’aimer et s’apprécier en dépit des gouvernements, comme en témoignent les nombreux écrivains et musiciens russes fortement inspirés par la France, dont beaucoup sont venus y vivre ou s’y réfugier. Par exemple Ivan Tourgueniev (1818-1883) qui a connu de nombreux écrivains français et est mort à Bougival (Yvelines). Et c’est à Paris qu’Alexandre Soljenitsyne publie L’Archipel du goulag. Par Jean-Baptiste Noé.

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29/08/19 Le front d'Orient, l'autre guerre mondiale

C’est probablement le Proche-Orient qui a été le plus transformé par la Première Guerre mondiale et une grande partie des dossiers d’aujourd’hui se comprennent par les combats des années 1915-1922. Car il n’y a pas qu’à Verdun ou au chemin des Dames que les Français ont combattu durant la Première Guerre mondiale, mais aussi en Orient. C’est de là qu’est partie la mèche qui a déclenché les hostilités. Les Balkans ont connu plusieurs guerres au cours des années 1900-1913 qui avaient pour finalités de permettre l’indépendance des peuples contre l’empire austro-hongrois et l’Empire ottoman. Les années 1912-1913 voient ainsi les Bulgares, les Serbes et les Grecs se révolter contre les grandes puissances. C’est dans ce contexte de guerres balkaniques que s’inscrit l’attentat contre l’héritier de la couronne d’Autriche, François-Ferdinand. Le conflit est donc à l’origine localisé. Lorsque Vienne réagit puis lance un ultimatum à Belgrade, elle ne pense pas à une guerre continentale, mais à une guerre régionale, comme cela se déroule depuis près de vingt ans. Mais par le jeu des alliances et des rancœurs, ce conflit local entraîne tout le continent européen. Par Jean-Baptiste Noé.

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28/08/19 Populisme, un mot pour éviter de penser

Avant, quand on voulait éviter de penser et discréditer un adversaire, on lui accolait l’épithète libérale voire ultra-libérale et extrême-droite. La personne était grillée et ne pouvait plus rien dire : elle se trouvait d’un coup prise dans les filets de l’infamie. Depuis quelque temps, une nouvelle épithète disqualifiante est arrivée : populiste. Ce qui n’a pas élevé le niveau de la pensée, mais a permis d’étoffer un peu le vocabulaire consensuel en lui rajoutant un troisième adjectif infamant. Trump est un populiste, tout comme les partisans du Brexit, Salvini, Orban et maintenant Bolsonaro. Du temps de l’Union soviétique, quand Brejnev voulait enfermer un adversaire en hôpital psychiatrique il lui accolait l’étiquette titiste, trotskyste, voire maoïste. Les modes changent ; désormais c’est populiste. Et on décrit ainsi une vague populiste mondiale qui après l’Europe de l’Est, l’Angleterre et les États-Unis vient de toucher le Brésil. Ce dernier figure désormais sur la liste noire des États voyous. En revanche, pas un mot sur Cuba, le Venezuela, le Pakistan, ni bien sûr l’Arabie Saoudite. Ce consentement unanime qui consiste à mettre populiste à toutes les sauces brouille la réalité et empêche de comprendre ce qui se passe réellement. Par Jean-Baptiste Noé.

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27/08/19 Tuer la circulation c'est tuer les villes

La géopolitique étudie toutes les échelles, son analyse porte donc aussi bien sur le global (les relations internationales), que le local (les villes et les territoires locaux). C’est cette gestion urbaine qui semble partie depuis quelque temps dans un délire constructiviste sans fin. Le mot d’ordre est connu : taxons, taxons, et quand ça ne bouge plus, subventionnons. L’exemple de Paris est éloquent, malheureusement suivi par de nombreuses villes de province. Par Jean-Baptiste Noé.

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26/08/19 Patriotisme, peut-on encore aimer son pays ?

La galaxie libérale a perdu l’un de ses membres la semaine dernière avec le décès d’Ivan Blot après plusieurs mois de lutte contre un cancer. Libéral un peu atypique, car il avait une grande admiration pour la Russie, alors que la plupart des libéraux français regardent plutôt vers les États-Unis. Il était membre du club de Valdaï, ancien député national puis député européen dans les années 1980-1990. Il avait notamment contribué à la diffusion de l’œuvre de Friedrich Hayek en France. Membre du cabinet de Jacques Chirac lorsque celui-ci était maire de Paris, il avait organisé une rencontre entre les deux hommes en 1985 durant laquelle Hayek c’était vu remettre la médaille d’or de la ville de Paris. Nous avions le même éditeur, Bernard Giovanangeli, et c’est grâce à ce dernier que j’ai pu le rencontrer à plusieurs occasions. Auteur de plusieurs livres de philosophie politique, il défendait notamment la démocratie directe. En mars dernier, il publiait un livre consacré au patriotisme : Patriotisme et résistance nationale, qui posait une question simple : peut-on aimer sa patrie ? Dans moins d’un mois, nous allons commémorer le centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, et le moins que l’on puisse dire c’est que cet événement marquant ne semble pas passionner les foules. J’ai toujours été surpris de la différence d’approche sur ce sujet entre l’Angleterre et la France. En Angleterre, hommes politiques et journalistes portent les poppiesen public, qui est en vente dans de nombreux kiosques. En France, nous avons le bleuet de France, quasiment introuvable et pratiquement inconnu. Pourtant, le coquelicot pour les Anglais, le bleuet pour les Français sont les fleurs symboles de la lutte des soldats pour la défense de leur pays et donc de leur liberté. Aimer son pays, sa patrie semble en quelque sorte interdit, ce qui amène à s’interroger sur le vrai sens du patriotisme. Par Jean-Baptiste Noé.

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23/08/19 Europe centrale, le nouveau compromis danubien

Il y a un siècle déjà disparaissait la double monarchie d’Autriche-Hongrie. Disparition en plusieurs temps, comme les valses du bord du Danube : d’abord la dissolution de l’État à la suite de la défaite de 1918, puis la ratification de cette séparation avec les traités de Saint-Germain-en-Laye (1919) et de Trianon (1920). Un empire vieux de mille ans ne disparaît pas sans conséquence et sans secousse. La mémoire des peuples et le temps long de l’histoire le font ressurgir aujourd’hui, sous une autre forme, mais en replaçant le pôle danubien au centre de l’Europe. Par Jean-Baptiste Noé.

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22/08/19 Les lunettes marxistes regardent encore le monde

La méconnaissance de la culture et de l’histoire d’un pays conduit à de graves impasses d’analyse. On ne peut comprendre l’action politique d’aujourd’hui et les réactions de certains peuples, si on méconnaît leur histoire, leur passé, leur littérature. L’affaire hongroise l’a révélée une nouvelle fois. Impossible de comprendre la politique du gouvernement actuel si on oublie que ce pays a été sous le joug communiste pendant près de cinquante ans et qu’il aspire donc aujourd’hui à la liberté et à l’indépendance.

En 1956, quand les troupes du pacte de Varsovie ont débarqué à Budapest, peu de monde en Europe a protesté contre cette agression. Chaudement repliés derrière le rideau de fer, protégés par l’OTAN, les Européens ont laissé faire et n’ont guère réagi. La répression à Budapest est aujourd’hui estimée à 25 000 morts, à quoi s’ajoutent près de 200 000 Hongrois partis en exil. Imre Nagy, le chef hongrois qui avait tenté de desserrer l’étau soviétique, fut laissé au pouvoir en 1956, puis arrêté en 1958 et exécuté. La répression fut d’une telle sévérité que les habitants en furent groggy et ne tentèrent plus aucune opposition avant 1989, soit trente ans. Il a fallu attendre la génération suivante pour que des jeunes qui n’avaient pas connu la répression de 1956-1958 osent se soulever contre le communisme.

L’Europe qui n’avait pas bougé alors prend aujourd’hui des sanctions contre la Hongrie parce que le Parlement de Strasbourg a estimé que le gouvernement Orban (réélu triomphalement pour un troisième mandat soit dit au passage) menait une politique trop indépendante. On peut comprendre qu’après avoir tant lutté contre l’URSS, les Hongrois n’aient pas envie de brader leur souveraineté à un autre conglomérat de pays. On peut comprendre aussi leur ressentiment face à ceux qui, ne les ayant pas aidés hier, leur disent aujourd’hui comment ils doivent gérer leur pays.

La question hongroise d’aujourd’hui est révélatrice d’une pensée marxiste qui imprègne encore les esprits. Si le marxisme, dans sa version stalinienne, a été vaincu, il demeure dans des versions trotskystes et maoïstes qui continuent d’imposer leur grille de lecture aux événements géopolitique. Par Jean-Baptiste Noé.

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21/08/19 Crises en série en Amérique Latine

L’Amérique latine est l’un des angles morts de la géopolitique française : on n’en parle presque pas. Comme si la déroute de l’armée française au Mexique sous Napoléon III avait tiré le rideau sur ce continent pourtant riche et passionnant. Les médias parlent beaucoup de l’Afrique noire, du Maghreb et du Proche-Orient, un peu de la Chine, mais l’Amérique latine et l’Asie centrale passent inaperçues. Et c’est bien dommage, car il se passe beaucoup de choses ces derniers temps sur ce continent, qui ont aussi des conséquences pour l’Europe. Par Jean-Baptiste Noé.

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