"Les profits sont le sang vital du système économique, l’élixir magique sur lequel repose tout progrès. Mais le sang d’une personne peut être le cancer pour une autre " - Paul SAMUELSON

"Il [cf. l'économiste] doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur" - John Maynard KEYNES

"Les hommes n'étant pas dotés des mêmes capacités, s'ils sont libres, ils ne sont pas égaux, et s'ils sont égaux, c'est qu'ils ne sont pas libres" - Alexandre SOLJENITSYNE

"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple" - Victor HUGO

"L'humanité n'est pas sortie de l'âge de pierre parce qu'il n'y avait plus de pierres" - Ahmed Zaki YAMANI

"L'impôt tue l'impôt" - Arthur LAFFER

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"Si la méchanceté des hommes est un argument contre la liberté, elle en est un plus fort encore contre la puissance. Car le despotisme n'est autre chose que la liberté d'un seul ou de quelques-uns contre tous" - Benjamin CONSTANT

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Analyses de l'économie

23/07/21 La rivière souterraine du cannabis

Le cannabis a envahi les cours d’école et les halls d’universités, et pas seulement. Au-delà de la dangerosité sanitaire du produit et des effets néfastes sur les consommateurs, il dessine une géopolitique de la criminalité et irrigue de nombreux quartiers dont il soutient l’économie. Notons d’emblée deux incongruités sémantiques. Premièrement, le terme de « quartier » utilisé pour désigner des espaces urbains tenus par les mafias et le banditisme. Dans le langage journalistique, quartier est un euphémisme et une litote pour désigner une zone dangereuse, à forte criminalité. Il y a ainsi les quartiers sensibles, désignant des espaces que l’on évite. Deuxièmement, le terme « zone défavorisée », qui désigne des zones urbaines sensées être pauvres, où les taux de chômage sont importants et, souvent, la criminalité forte. Ces zones seraient défavorisées, ce qui expliquerait, voire légitimerait, la violence qui s’y déclare et les dégradations. Ainsi de la Seine-Saint-Denis, du Mirail à Toulouse, des Minguettes, des quartiers nord de Marseille. Or rien n’est plus faux. Ces quartiers sont les plus favorisés de France : c’est eux qui reçoivent le plus d’argent public et le plus d’aides sociales. Très souvent, ils sont bien reliés en transports en communs, notamment en RER et en métros, comme Saint-Denis et le Mirail. À cela s’ajoutent de très nombreux équipements publics : écoles, collèges et lycées, bibliothèques, centres culturels et sportifs, etc. Si, lors des émeutes, ces bâtiments sont détruits et incendiés, c’est bien qu’ils existent. La Seine-Saint-Denis est à la fois l’un des départements les plus riches de France et en même temps l’un des plus pauvres, du moins du fait de sa population.

D’où une autre erreur d’analyse : présenter les habitants de ces quartiers comme pauvres. Sous le simple regard statistique peut-être, et encore. Il est vrai que les taux de chômage sont importants et les revenus faibles. Mais les populations y bénéficient de logements sociaux à bas prix, payé par d’autres, plus les nombreuses aides sociales. Enfin, se développe toute une économie parallèle, qui rapporte beaucoup et qui fournit un véritable travail. Et c’est là que l’on retrouve le cannabis. Par Jean-Baptiste Noé.

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22/07/21 La politique comme outil de coercition

Une fois n’est pas coutume, le texte qui suit est une analyse politique dont la paternité revient à Thomas A. Harbor. D'ordre général, instruite par le passé mais intemporelle, cette analyse suscite la réflexion et soulève des points permettant d'éclairer la situation dans laquelle se trouvent nombre de démocraties contemporaines.

Think Liberal Science-Po

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21/07/21 La peur et la camionnette blanche

Cela pourrait être un conte pour enfants, une histoire d’ogre qu’on leur raconte pour leur faire peur et ainsi les éduquer aux dangers de la vie réelle. Mais c’est ici une histoire vraie. Il se trouve que je suis élu au conseil municipal de Montesson (Yvelines) depuis 2008 et que je m’occupe de la communication de la ville. En novembre 2018, nous recevons un message d’un habitant nous informant qu’une camionnette blanche a été aperçue à proximité du collège. Le conducteur attire les jeunes filles en leur proposant de voir des chiens qui sont installés à l’arrière de la camionnette. Elles les caressent, elles jouent un peu avec eux, puis l’homme les kidnappe. Un tel signalement est effrayant et l’on se doit bien sûr d’en avertir au plus tôt les établissements scolaires et les parents d’élèves pour que les enfants soient prudents. On est donc tenté, de prime abord, de diffuser largement cette information. Information qui a d’ailleurs déjà circulé sur les réseaux sociaux et qui a été annoncée par les groupes officiels des associations de parents d’élèves.

Mais, même si tout est probable, plusieurs choses clochent dans cette histoire. La police municipale contactée nous dit qu’aucune plainte n’a été déposée. Une rapide recherche sur le net nous informe qu’il y a déjà des histoires de camionnette blanche, et qu’elles se sont toutes révélées fausses. Du reste, après deux jours d’enquête, il apparaît que cette histoire est une pure invention. La consultation des bandes de la vidéosurveillance montre qu’il n’y a eu aucune camionnette de ce type à proximité du collège et des écoles. Des enfants reconnaissent avoir menti. Nous sommes donc là en présence d’une rumeur, d’une fausse information. Mais celle-ci est très instructive. Par Jean-Baptiste Noé.

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20/07/21 La nouvelle route de la soie

La route de la soie fait rêver, parce qu’elle se rapporte aux échanges entre l’Orient et l’Europe, parce qu’elle touche une matière, la soie, qui se réfère au luxe et à la rareté, parce qu’elle véhicule une idée d’ailleurs, d’échanges, de découvertes, avec ses paysages majestueux et ses caravansérails. C’est donc assez naturellement que la Chine a repris cette dénomination pour évoquer les nouvelles routes de la soie dont elle veut faire un instrument de sa puissance. Par Jean-Baptiste Noé.

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19/07/21 La notion de valeur a-t-elle encore... de la valeur ?

En période où le marché boursier est haut comme lorsqu'il est bas, on trouve toujours des gens pour râler que les cours s'éloignent autant de la valeur réelle des entreprises cotées. Ou encore, lors du rachat ou de la revente d'une entreprise – on a vu des cas de cessions pour un euro symbolique – il est fréquent que certains trouvent à redire et contestent face à la valeur réelle supposée négligée.

Notion de valeur

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16/07/21 La naissance de la règle des 3% de déficit de Maastricht

Depuis la crise de 2008, la France n’a jamais connu un déficit public inférieur à 3 %, ce qui lui vaut les remontrances de la Commission européenne. Ce seuil fatidique des 3 % sert notamment de référence pour les prévisions macroéconomiques et tous les calculs de réduction de la dépense publique. Il fait partie des critères dits « de Maastricht », devenus les « critères de convergence », qui doivent être respectés à la fois par les pays membres de l’Union européenne candidats à l’entrée dans la zone euro, et par les pays membres (sous peine d’avertissements, puis de sanctions).

 

Maastricht

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15/07/21 La mémoire et l’histoire

La mémoire, l’histoire, l’oubli (2000) de Paul Ricoeur est l’un de mes plus grands échecs de lecture. C’est un livre que j’ai essayé de lire plusieurs fois sans arriver à en comprendre quelque chose. Comme le dit pudiquement un compte rendu de lecture admiratif trouvé sur un site : « la complexité du langage et des concepts employés est telle que l’étude de cet ouvrage mériterait d’y consacrer beaucoup plus de temps, et d’en proposer un compte rendu plus abouti et mûri que la présente note de synthèse. » L’ouvrage n’intéresserait pas aujourd’hui si l’ancien assistant éditorial de Ricoeur n’était pas devenu président de la République. Toutefois, les thèmes que Ricoeur a tenté d’analyser, dans une pensée et un langage complexe que ne renie pas l’actuel locataire du faubourg Saint-Honoré, méritent d’être repris. Nous avons commémoré il y a peu le 11 novembre. Chaque année revient donc l’appel pieux au devoir de mémoire et à la transmission. Mais en quoi consiste-t-elle réellement et comment l’articuler avec l’histoire ?

mémoire et histoire

Par Jean-Baptiste Noé, IdL

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14/07/21 La Méditerranée, promesses et dangers

La Méditerranée est la mer des civilisations et des cultures ; elle est aujourd’hui la mer des dangers et des déstabilisations potentiels. Ces dangers sont le fruit de la stratification historique de la zone, qui produit aujourd’hui des chocs et des étincelles à venir. Il y a toujours beaucoup d’émotions à se baigner dans une mer qui a vu passer les Grecs et les Romains, les raids arabes et les Croisades, les Normands et les Anglais, l’expédition de Marc-Antoine et celle de Bonaparte. On n’en finirait pas d’écrire l’histoire de cette mer et c’est cette accumulation de strates historiques qui fait de ce lac romain un enjeu géopolitique majeur. Mais plusieurs défis et problèmes graves se profilent en Méditerranée qui vont accroître l’actualité des mois à venir.

Méditérranée

Par Jean-Baptiste Noé, IdL

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13/07/21 La maîtrise des facteurs clés de succès

Le concept général de facteurs indispensables à maîtriser pour s’imposer sur un marché est apparu dans les années 1960 et 1970, notamment sous l’impulsion de Ron Daniel du cabinet McKinsey. Ce concept de facteurs clefs de succès a ensuite été largement complété par d’autres praticiens et chercheurs, notamment John Rockart, professeur au MIT, dans un article publié dans la Harvard Business Review en 1979.

12/07/21 La main invisible (presque) introuvable d'Adam Smith

L’expression si célèbre, maintes et maintes fois reprises, de « main invisible » occupe en réalité une place très modeste dans l’oeuvre d’Adam Smith. En effet, elle n’y apparaît qu’à trois reprises : une seule fois dans son Histoire de l’astronomie, une seule fois dans sa Théorie des sentiments moraux, et enfin une seule fois dans l’ouvrage le plus connu, La richesse des nations, au livre IV, dans un passage traitant des qualités du chef d’entreprise : celui-ci, écrit Smith, « est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions ». Dès lors surgissent deux problèmes : 1° la « main invisible » a-t-elle le même sens dans les trois ouvrages ? 2° comment expliquer la disproportion entre son occurrence réelle et sa postérité ? Par Romain Treffel.

La main invisible

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