"Un économiste est quelqu'un qui voit fonctionner les choses en pratique et se demande si elles pourraient fonctionner en théorie" - Stephen M. GOLDFELD

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"N'acceptez ni les vérités d'évidence, ni les illusions dangereuses" - Maurice ALLAIS

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"Prenons le cas de Singapour. […] On dirait un miracle économique. Mais le miracle est moins celui de l’inspiration que celui de la transpiration" - Paul KRUGMAN

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"Beaucoup considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu le voit comme le cheval tirant la charrue" - Winston CHURCHILL

"Pour être valable toute théorie, quelle qu'elle soit, doit être confirmée, tant dans ses hypothèses que dans ses conséquences, par les données de l'observation" - Maurice ALLAIS

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Keynes pamphlétaire contre le Traité de Versailles

30 avril 2021

Dans la foulée de sa participation à l’élaboration du Traité de Versailles, Keynes a rédigé Les conséquences économiques de la paix (1919), un texte d’une grande virulence à l’encontre du compromis ainsi que des acteurs des négociations : « Un règlement sans noblesse, sans moralité et sans intelligence », écrit l’économiste.

Traité de Versailles

 

Ayant assisté à la Conférence de paix de Paris en tant que représentant en chef du Trésor britannique, avec le pouvoir de s’exprimer, Keynes était tout de fois jeune (36 ans) et à peu près inconnu du Trésor, conditions qui lui barraient l’accès aux premiers cercles d’influence. C’est pourquoi il a été obligé de transmettre son opinion par des canaux officieux, grâce à un livre qui relève du pamphlet. La thèse en est simple : le Traité de Versailles affaiblira l’organisation complexe et délicate dont dépendent entièrement, pour leur travail et pour leur vie, les peuples de l’Europe. Ainsi, dans l’esprit de Keynes, l’objectif de la Conférence de Paris n’était pas simplement d’honorer les termes de l’armistice et de rendre justice, mais de rétablir la santé économique et de panser les blessures de l’Europe.

Si le livre est un grand succès commercial (60 000 exemplaires aux États-Unis et en Grande-Bretagne, 140 000 dans le monde entier), c’est en partie le fait de son style accessible et par moment satirique. Les portraits dressés par Keynes des principaux artisans de la paix lui permettent d’étaler son hostilité à l’égard des visions étriquées propres à la politique. Ainsi, l’exigence française d’une paix carthaginoise marque « la politique d’un vieillard [Clémenceau], dont les impressions les plus vives et les idées les plus actives se rattachent au passé et non à l’avenir ». Wilson, le président des États-Unis, est « un Don Quichotte aveugle et sourd », doté d’un tempérament « essentiellement théologique et non pas intellectuel ». Enfin, le premier ministre britannique, Lloyd George, est traité de « sorcière galloise », mais le passage est retiré et ne sera publié quatorze ans plus tard, en raison de l’étroitesse de leurs relations et du climat émotionnel d’après-guerre.

 

Citation

Romain Treffel, « Keynes pamphlétaire contre le Traité de Versailles », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 25/05/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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