"Le changement du monde n’est pas seulement création, progrès, il est d’abord et toujours décomposition, crise " - Alain TOURAINE

"L'offre créée sa propre demande" - Jean-Baptiste SAY

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"Il est aussi absurde de parler de démocratie ou d'efficacité économique dans une société communiste que d'évoquer un capitalisme sans argent" - Alexandre ZINOVIEV

"Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique" - Georges BERNANOS

"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"On taxe les riches car ils sont riches et on taxe les pauvres car ils sont nombreux " - blague de fiscaliste

"Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence " - Jacques ATTALI

"Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes " - BOSSUET

"Le socialisme cherche à abattre la richesse, le libéralisme à supprimer la pauvreté " - Winston CHURCHILL

Citation Suivante

Keynes pamphlétaire contre le Traité de Versailles

25 février 2022

Dans la foulée de sa participation à l’élaboration du Traité de Versailles, Keynes a rédigé Les conséquences économiques de la paix (1919), un texte d’une grande virulence à l’encontre du compromis ainsi que des acteurs des négociations : « Un règlement sans noblesse, sans moralité et sans intelligence », écrit l’économiste.

Traité de Versailles

 

Ayant assisté à la Conférence de paix de Paris en tant que représentant en chef du Trésor britannique, avec le pouvoir de s’exprimer, Keynes était tout de fois jeune (36 ans) et à peu près inconnu du Trésor, conditions qui lui barraient l’accès aux premiers cercles d’influence. C’est pourquoi il a été obligé de transmettre son opinion par des canaux officieux, grâce à un livre qui relève du pamphlet. La thèse en est simple : le Traité de Versailles affaiblira l’organisation complexe et délicate dont dépendent entièrement, pour leur travail et pour leur vie, les peuples de l’Europe. Ainsi, dans l’esprit de Keynes, l’objectif de la Conférence de Paris n’était pas simplement d’honorer les termes de l’armistice et de rendre justice, mais de rétablir la santé économique et de panser les blessures de l’Europe.

Si le livre est un grand succès commercial (60 000 exemplaires aux États-Unis et en Grande-Bretagne, 140 000 dans le monde entier), c’est en partie le fait de son style accessible et par moment satirique. Les portraits dressés par Keynes des principaux artisans de la paix lui permettent d’étaler son hostilité à l’égard des visions étriquées propres à la politique. Ainsi, l’exigence française d’une paix carthaginoise marque « la politique d’un vieillard [Clémenceau], dont les impressions les plus vives et les idées les plus actives se rattachent au passé et non à l’avenir ». Wilson, le président des États-Unis, est « un Don Quichotte aveugle et sourd », doté d’un tempérament « essentiellement théologique et non pas intellectuel ». Enfin, le premier ministre britannique, Lloyd George, est traité de « sorcière galloise », mais le passage est retiré et ne sera publié quatorze ans plus tard, en raison de l’étroitesse de leurs relations et du climat émotionnel d’après-guerre.

 

Citation

Romain Treffel, « Keynes pamphlétaire contre le Traité de Versailles », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 25/05/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

Anecdotes