"Hélas! Qu'y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l'impôt ?" - Benjamin FRANKLIN

"La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir" - Paulo CUELHO

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"L'économie mondiale demeure une notion abstraite aussi longtemps que l'on ne possède pas un compte en banque" - Achille CHAVEE

"La productivité est la mesure du progrès technique" - Jean FOURASTIE

"On ne peut devenir entrepreneur qu’en devenant auparavant débiteur. S’endetter appartient à l’essence de l’entreprise et n’a rien d’anormal" - Joseph SCHUMPETER

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

"Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation" - Thomas JEFFERSON

"N'acceptez ni les vérités d'évidence, ni les illusions dangereuses" - Maurice ALLAIS

"Il y a deux manières de conquérir et d'asservir une nation, l'une est par les armes, l'autre par la dette." - John ADAMS

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Robert W. CLOWER : La monnaie et les marchés

15 novembre 2013

Robert W. Clower est un économiste américain (1926-2011). Il est un économiste néokeynésien diplômé de l'université d'Oxford. Ses travaux portent essentiellement sur l'analyse du déséquilibre centrée sur les questions d'information des agents économiques et les mécanismes d'ajustement de leurs actions vers des états stables : analyse stock-flux, fondements et caractérisations de l'échange monétaire.

Robert W. CLOWER

Déséquilibre et échange monétaire : réflexion en quatre temps

L'idée de départ est que les demandes partent non seulement des prix, mais aussi des transactions effectuées. Afin de formaliser le comportement des ménages en déséquilibre, Clower considère la décision de consommation comme faisant partie d'un ensemble de décisions plus larges impliquant les autres marchés. De plus, il accorde une importance particulière au marché du travail. Si les marchés sont à l'équilibre (plein emploi), l'échange d'une quantité de travail correspondant à l'offre de travail générera un revenu permanant permettant de réaliser des achats de biens de consommation tels qu'ils sont programmés par les ménages. En revanche, dans une situation de déséquilibre (chômage), il est possible que certains ménages ne puissent pas vendre la quantité de travail souhaitée. Par conséquent, ces ménages seront dans l'impossibilité de réaliser leurs plans de dépense en biens de consommation.

La seconde étape s'interroge sur la nature de la monnaie. Il considère l'idée de la monnaie comme une marchandise. De même, l'équilibre d'une économie monétaire ne se différencie pas d'un équilibre de troc. Pour être valides, les modèles doivent prendre en compte la propriété principale de la monnaie, c'est-à-dire le fait qu'elle s'échange contre toutes les autres marchandises présentes dans l'économie. Ainsi, en se concentrant sur le rôle de la monnaie comme intermédiaire des échanges, Clower souligne le caractère spécifique d'une économie monétaire.

La troisième étape consiste à formaliser une économie monétaire. Il choisit de représenter les échanges en adoptant le dispositif dit de la "semaine" où l'économie se développe schématiquement le long d'une séquence de plusieurs semaines :

  • Les demandes et les offres d'un échangiste donné sont déterminées en fonction du pouvoir d'achat monétaire à sa disposition au début de la semaine. A chaque période, et pour chaque échangiste, les soldes monétaires obtenus à partir des échanges réalisés de la semaine précédente, deviennent le pouvoir d'achat total disponible pour financer les plans d'achat de la semaine suivante : contrainte de dépense de l'individu.
  • De même, quand l'individu est du côté de l'offre, il exige une seule marchandise comme contrepartie de son offre : la monnaie. L'implication qui en découle est que la demande de monnaie pour cause de transaction, qui constitue le pouvoir d'achat de la semaine suivante, est limitée par les offres de vente effectuées : contrainte de revenu.

Au final, Clower s'éloigne de la théorie microéconomique traditionnelle. En effet, pour lui, l'offre d'un bien ne crée pas de demande pour les autres biens car tous les échanges s'effectuent contre de la monnaie. Inversement, dans la théorie microéconomique traditionnelle, biens et monnaie ne se distinguent pas comme sources de demande effective, et les choix de l'échangiste ne sont soumis qu'à la seule contrainte budgétaire. Clower montre alors que si l'hypothèse retenue est que la monnaie est offerte ou demandée dans chaque échange, alors des conditions supplémentaires  doivent être établies pour satisfaire la contrainte budgétaire. Le fait de spécifier deux types de contraintes (contrainte de dépense et contrainte de revenu) mène à séparer les deux décisions considérées : la demande de biens (ou offre de monnaie) et l'offre de biens (ou demande de monnaie). La séparation de ces deux décisions constitue l'hypothèse de décision duale.

Enfin, le quatrième temps pose la question de la formation des prix et l'exécution de l'échange. En effet, considérer que les individus échangent sur des marchés séparés et non étroitement coordonnés exige de s'interroger sur le mode de formation des prix et le mode d'exécution des échanges. Dans ce cadre, les intermédiaires de l'échange gagnent en importance, comme agents d'une coordination décentralisée. Les règles de décision de ces market-makers (littéralement "faiseurs de marché") deviennent centrales pour expliquer les décisions de prix et quantité.

Citation

Sylvain Fontan, “Robert W. CLOWER : La monnaie et les marchés”, analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 15/11/2013.