"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque (...). Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés" - Alexis de TOCQUEVILLE

"Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence " - Jacques ATTALI

"N'acceptez ni les vérités d'évidence, ni les illusions dangereuses" - Maurice ALLAIS

"L’inflation est toujours un phénomène monétaire" - Milton FRIEDMAN

"Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein " - Henry KISSINGER

"On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple" - Victor HUGO

"Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles" - Alec DOUGLAS-HOME

"Il [cf. l'économiste] doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur" - John Maynard KEYNES

"Bien entendu, tout pays est sous-développé en ce sens que, n’étant pas encore parvenu à épuiser ses possibilités virtuelles, il est capable de continuer à avancer dans la voie du progrès technique" - Paul SAMUELSON

"La communication d’entreprise est une rare petite période heureuse entre deux communications de crise " - Thierry ORSONI

Citation Suivante

Analyses de l'économie

05/09/19 L'industrie automobile mondiale

De profondes mutations affectent l’industrie automobile mondiale selon la dernière étude de Xerfi Global. En effet, plusieurs tendances fortes se dessinent suite au développement des véhicules autonomes et connectés :

04/09/19 Richard Thaler, un prix nobel d'économie mal élevé

Richard Thaler est un économiste atypique. Il sait écrire et il est doté d'un solide sens de l'humour, deux caractéristiques pas forcément les plus répandues dans la profession. Si vous ne me croyez pas, lisez Nudge, son livre coécrit avec le juriste Cass Sunstein, mais surtout son autobiographie Misbehaving (difficile à traduire, mais qui signifie "celui qui ne se comporte pas bien"), qui ne devrait pas tarder à être traduit en français, effet nobel d'économie oblige. Mais sa principale qualité, si l'on en croit son ami Daniel Kahneman, Nobel d'économie, est la paresse. Thaler est de son propre aveu très paresseux, très lent pour finir d'écrire ses papiers, ce qui paradoxalement est un avantage : il ne travaille que sur des sujets suffisamment intéressants pour outrepasser sa paresse.

Richard Thaler

Par Alexandre Delaigue

Lire la suite >

03/09/19 Comprendre la notion d'avantage concurrentiel

Pourquoi votre concurrent affiche-t-il une rentabilité plus élevée que votre entreprise ? C’est sûrement qu’il détient ce que l’on appelle un avantage concurrentiel. L’avantage concurrentiel c’est ce qui permet à une entreprise de faire mieux que ses concurrents, en créant plus de valeur pour ses clients ou avec des coûts de production plus bas pour une offre comparable. C’est un concept clé de la stratégie d’entreprise, introduit par Michael Porter et popularisé dans les années 1980.

Lire la suite >

02/09/19 David Ricardo contre les machines

Considéré comme un des pères de l’économie libérale, David Ricardo (1772-1823) a exprimé une vue très inattendue concernant la question de la substitution des machines aux hommes lors de la Révolution industrielle : s'il condamne les luddites et est favorable au progrès, il scandalise ses contemporains en soutenant que la mécanisation a un effet nocif sur l’emploi à court terme. Par Romain Treffel.

D. Ricardo

Lire la suite >

30/08/19 La Russie et nous

La Russie d’aujourd’hui ne laisse pas indifférente en France et en Occident. Pour certains, elle est un espoir, la gardienne des valeurs conservatrices occidentales et Vladimir Poutine un homme fort qui pourrait servir de modèle aux chefs d’État d’Europe de l’Ouest. Pour d’autres, elle est une menace, qui s’en prend à l’Ukraine et à la Syrie, qui manipule les élections aux États-Unis et qui fait preuve d’un autoritarisme qui n’a pas sa place dans nos démocraties libérales. La Russie fascine la France depuis au moins la fin du XIXsiècle et le rapprochement diplomatique avec elle. En dépit des tensions et des refroidissements entre gouvernements, les peuples russes et français ont su se connaître et s’apprécier. La Russie avait laissé un mauvais souvenir en France, à la suite de son invasion du nord du pays après la retraite de Napoléon. Comme la France avait laissé un mauvais souvenir à la suite de la conquête de la Russie et de la prise de Moscou. Durant la Guerre froide, la méfiance fut très grande, y compris à gauche, les socialistes et les gauchistes étant plus portés vers la Chine de Mao et les pays du tiers-monde que vers Moscou. Les relations se sont réchauffées aux débuts des années 2000, quand la Russie était faible, avant de se refroidir depuis, quand la Russie a voulu redevenir forte. L’image d’autoritarisme et de tsarisme reste vivace dans les esprits.

Mais les peuples ont su s’aimer et s’apprécier en dépit des gouvernements, comme en témoignent les nombreux écrivains et musiciens russes fortement inspirés par la France, dont beaucoup sont venus y vivre ou s’y réfugier. Par exemple Ivan Tourgueniev (1818-1883) qui a connu de nombreux écrivains français et est mort à Bougival (Yvelines). Et c’est à Paris qu’Alexandre Soljenitsyne publie L’Archipel du goulag. Par Jean-Baptiste Noé.

Lire la suite >

29/08/19 Le front d'Orient, l'autre guerre mondiale

C’est probablement le Proche-Orient qui a été le plus transformé par la Première Guerre mondiale et une grande partie des dossiers d’aujourd’hui se comprennent par les combats des années 1915-1922. Car il n’y a pas qu’à Verdun ou au chemin des Dames que les Français ont combattu durant la Première Guerre mondiale, mais aussi en Orient. C’est de là qu’est partie la mèche qui a déclenché les hostilités. Les Balkans ont connu plusieurs guerres au cours des années 1900-1913 qui avaient pour finalités de permettre l’indépendance des peuples contre l’empire austro-hongrois et l’Empire ottoman. Les années 1912-1913 voient ainsi les Bulgares, les Serbes et les Grecs se révolter contre les grandes puissances. C’est dans ce contexte de guerres balkaniques que s’inscrit l’attentat contre l’héritier de la couronne d’Autriche, François-Ferdinand. Le conflit est donc à l’origine localisé. Lorsque Vienne réagit puis lance un ultimatum à Belgrade, elle ne pense pas à une guerre continentale, mais à une guerre régionale, comme cela se déroule depuis près de vingt ans. Mais par le jeu des alliances et des rancœurs, ce conflit local entraîne tout le continent européen. Par Jean-Baptiste Noé.

Lire la suite >

28/08/19 Populisme, un mot pour éviter de penser

Avant, quand on voulait éviter de penser et discréditer un adversaire, on lui accolait l’épithète libérale voire ultra-libérale et extrême-droite. La personne était grillée et ne pouvait plus rien dire : elle se trouvait d’un coup prise dans les filets de l’infamie. Depuis quelque temps, une nouvelle épithète disqualifiante est arrivée : populiste. Ce qui n’a pas élevé le niveau de la pensée, mais a permis d’étoffer un peu le vocabulaire consensuel en lui rajoutant un troisième adjectif infamant. Trump est un populiste, tout comme les partisans du Brexit, Salvini, Orban et maintenant Bolsonaro. Du temps de l’Union soviétique, quand Brejnev voulait enfermer un adversaire en hôpital psychiatrique il lui accolait l’étiquette titiste, trotskyste, voire maoïste. Les modes changent ; désormais c’est populiste. Et on décrit ainsi une vague populiste mondiale qui après l’Europe de l’Est, l’Angleterre et les États-Unis vient de toucher le Brésil. Ce dernier figure désormais sur la liste noire des États voyous. En revanche, pas un mot sur Cuba, le Venezuela, le Pakistan, ni bien sûr l’Arabie Saoudite. Ce consentement unanime qui consiste à mettre populiste à toutes les sauces brouille la réalité et empêche de comprendre ce qui se passe réellement. Par Jean-Baptiste Noé.

Lire la suite >

27/08/19 Tuer la circulation c'est tuer les villes

La géopolitique étudie toutes les échelles, son analyse porte donc aussi bien sur le global (les relations internationales), que le local (les villes et les territoires locaux). C’est cette gestion urbaine qui semble partie depuis quelque temps dans un délire constructiviste sans fin. Le mot d’ordre est connu : taxons, taxons, et quand ça ne bouge plus, subventionnons. L’exemple de Paris est éloquent, malheureusement suivi par de nombreuses villes de province. Par Jean-Baptiste Noé.

Lire la suite >

26/08/19 Patriotisme, peut-on encore aimer son pays ?

La galaxie libérale a perdu l’un de ses membres la semaine dernière avec le décès d’Ivan Blot après plusieurs mois de lutte contre un cancer. Libéral un peu atypique, car il avait une grande admiration pour la Russie, alors que la plupart des libéraux français regardent plutôt vers les États-Unis. Il était membre du club de Valdaï, ancien député national puis député européen dans les années 1980-1990. Il avait notamment contribué à la diffusion de l’œuvre de Friedrich Hayek en France. Membre du cabinet de Jacques Chirac lorsque celui-ci était maire de Paris, il avait organisé une rencontre entre les deux hommes en 1985 durant laquelle Hayek c’était vu remettre la médaille d’or de la ville de Paris. Nous avions le même éditeur, Bernard Giovanangeli, et c’est grâce à ce dernier que j’ai pu le rencontrer à plusieurs occasions. Auteur de plusieurs livres de philosophie politique, il défendait notamment la démocratie directe. En mars dernier, il publiait un livre consacré au patriotisme : Patriotisme et résistance nationale, qui posait une question simple : peut-on aimer sa patrie ? Dans moins d’un mois, nous allons commémorer le centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, et le moins que l’on puisse dire c’est que cet événement marquant ne semble pas passionner les foules. J’ai toujours été surpris de la différence d’approche sur ce sujet entre l’Angleterre et la France. En Angleterre, hommes politiques et journalistes portent les poppiesen public, qui est en vente dans de nombreux kiosques. En France, nous avons le bleuet de France, quasiment introuvable et pratiquement inconnu. Pourtant, le coquelicot pour les Anglais, le bleuet pour les Français sont les fleurs symboles de la lutte des soldats pour la défense de leur pays et donc de leur liberté. Aimer son pays, sa patrie semble en quelque sorte interdit, ce qui amène à s’interroger sur le vrai sens du patriotisme. Par Jean-Baptiste Noé.

Lire la suite >

23/08/19 Europe centrale, le nouveau compromis danubien

Il y a un siècle déjà disparaissait la double monarchie d’Autriche-Hongrie. Disparition en plusieurs temps, comme les valses du bord du Danube : d’abord la dissolution de l’État à la suite de la défaite de 1918, puis la ratification de cette séparation avec les traités de Saint-Germain-en-Laye (1919) et de Trianon (1920). Un empire vieux de mille ans ne disparaît pas sans conséquence et sans secousse. La mémoire des peuples et le temps long de l’histoire le font ressurgir aujourd’hui, sous une autre forme, mais en replaçant le pôle danubien au centre de l’Europe. Par Jean-Baptiste Noé.

Lire la suite >