"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"Mes clients sont libres de choisir la couleur de leur voiture à condition qu’ils la veuillent noire" - Henry FORD

"La puissance productrice d’un pays peut s’accroître d’une façon plus que proportionnelle à l’augmentation du chiffre de sa population" - Alfred MARSHALL

"La guerre n'est que la simple continuation de la politique par d'autres moyens" - Carl VON CLAUSEWITZ

"On ne peut devenir entrepreneur qu’en devenant auparavant débiteur. S’endetter appartient à l’essence de l’entreprise et n’a rien d’anormal" - Joseph SCHUMPETER

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

"Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique" - Georges BERNANOS

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"Bien entendu, tout pays est sous-développé en ce sens que, n’étant pas encore parvenu à épuiser ses possibilités virtuelles, il est capable de continuer à avancer dans la voie du progrès technique" - Paul SAMUELSON

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La main invisible (presque) introuvable d'Adam Smith

29 novembre 2018

L’expression si célèbre, maintes et maintes fois reprises, de « main invisible » occupe en réalité une place très modeste dans l’oeuvre d’Adam Smith. En effet, elle n’y apparaît qu’à trois reprises : une seule fois dans son Histoire de l’astronomie, une seule fois dans sa Théorie des sentiments moraux, et enfin une seule fois dans l’ouvrage le plus connu, La richesse des nations, au livre IV, dans un passage traitant des qualités du chef d’entreprise : celui-ci, écrit Smith, « est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions ». Dès lors surgissent deux problèmes : 1° la « main invisible » a-t-elle le même sens dans les trois ouvrages ? 2° comment expliquer la disproportion entre son occurrence réelle et sa postérité ? Par Romain Treffel.

La main invisible

 1) Le professeur d’économie de Chicago William D. Grampp affirme que Smith a donné à l’expression trois significations différentes, chacune propre à l’ouvrage dans lequel l’expression apparaît. Dans l’Histoire de l’astronomie, la « main invisible de Jupiter » est l’instrument du créateur de la nature qui gouverne la machine de l’univers. Dans la Théorie des sentiments moraux, la « main invisible » est la composante de l’ordre naturel qui harmonise les comportements. Enfin, dans la Richesse des nations, l’expression désignerait l’harmonisation naturelle des intérêts, ce qui est l’interprétation la plus répandue.

2) Une minorité de lecteurs critiques juge que la « main invisible » est en réalité d’une importance marginale au regard de la totalité de l’oeuvre d’Adam Smith. Ainsi, elle serait pour certains une métaphore purement rhétorique ; pour d’autres, elle aurait même une fonction ironique visant à moquer les individus qui croient en l’action, sur les hommes, d’un principe supérieur et transcendant. Le concept majeur d’Adam Smith serait plutôt la division du travail, traitée dans les chapitres I et II de la Richesse des nations.