"Une société qui ne reconnaît pas que chaque individu à des valeurs qui lui sont propres qu'il est autorisé à suivre, ne peut pas avoir de respect pour la dignité de l'individu et ne peut réellement connaître la liberté" - Friedrich HAYEK

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"Quand vous êtes capable, feignez l'incapacité. Quand vous êtes proche, feignez l'éloignement. Quand vous êtes loin feignez la proximité" - Sun TZU

"Tous les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes souvent morts depuis longtemps et dont ils ignorent le nom " - John Maynard KEYNES

"L'étonnante tâche des sciences économiques est de démontrer aux hommes combien en réalité ils en savent peu sur ce qu'ils s'imaginent pouvoir modeler" - Friedrich HAYEK

"Un problème politique est un problème économique sans solution" - Georges ELGOZY

"Prenons le cas de Singapour. […] On dirait un miracle économique. Mais le miracle est moins celui de l’inspiration que celui de la transpiration" - Paul KRUGMAN

"La communication d’entreprise est une rare petite période heureuse entre deux communications de crise " - Thierry ORSONI

"On appelle progrès technique une capacité d’action de plus en plus efficace que l’homme acquiert par l’effort intellectuel sur les éléments matériels" - Jean FOURASTIE

"L'avarice commence où la pauvreté cesse. " - Honoré de BALZAC

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La "médiocrité" d'Adam Smith

4 décembre 2018

Le père de l’économie libérale était paradoxalement un « personnage » sans éclat. Il incarne parfaitement le stéréotype du penseur solitaire et anti charismatique. La fragilité de sa constitution, sa prédisposition pour l’étude et son amour de la solitude ont eu pour effet d’alourdir les punitions gratuites du sort : la laideur, le bégaiement, la fadeur du tempérament. Par Romain Treffel.

Adam Smith

 Professeur de logique puis de philosophie morale à l’université de Glasgow, il n’était pas un professeur brillant susceptible de provoquer l’admiration de ses élèves : « Ce n’est pas qu’Adam Smith fût un homme éloquent et capable d’exciter au sein d’un auditoire ces émotions puissantes qui produisent l’enthousiasme : sa diction lente et vulgaire n’avait que le mérite de la clarté ». Cette diction maladroite ainsi que de fréquents hochements de tête (probablement un trouble obsessionnel compulsif dans la terminologie moderne) dérivaient d’une maladie nerveuse dont le célèbre économiste a souffert tout au long de sa vie.

Ces particularités participaient toutefois d’une excentricité générale qui relevait le tempérament de l’homme. En penseur du courant des Lumières, celui-ci exprimait une certaine indépendance d’esprit, notamment à l’égard de la religion : il est critiqué par le corps enseignant de l’université pour ses sourires ironiques pendant les services religieux. Il est également transgressif sur les plans économique et politique dans la mesure où il défend la liberté économique à une époque où règnent l’esprit de monopole et le protectionnisme. Il est à l’aise avec les mondanités : il écume avec son ami David Hume les cercles intellectuels – il a fréquenté, à Paris, les principaux chefs de l’école physiocrate – et joue au whist le soir. Ses manières et son allure compensent son apparence repoussante et lui confèrent un certain charme qui lui vaut d’être tout de même apprécié de ses étudiants, voire imité.