"Le bon stratège contraint l'ennemi et ne se laisse pas contraindre" - Sun TZU

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

"L'humanité n'est pas sortie de l'âge de pierre parce qu'il n'y avait plus de pierres" - Ahmed Zaki YAMANI

"Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence " - Jacques ATTALI

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"L'inflation est une taxation sans législation" - Milton FRIEDMAN

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles" - Alec DOUGLAS-HOME

"La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir" - Paulo CUELHO

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La "médiocrité" d'Adam Smith

29 juin 2020

Le père de l’économie libérale était paradoxalement un « personnage » sans éclat. Il incarne parfaitement le stéréotype du penseur solitaire et anti charismatique. La fragilité de sa constitution, sa prédisposition pour l’étude et son amour de la solitude ont eu pour effet d’alourdir les punitions gratuites du sort : la laideur, le bégaiement, la fadeur du tempérament. Par Romain Treffel.

Adam Smith

 Professeur de logique puis de philosophie morale à l’université de Glasgow, il n’était pas un professeur brillant susceptible de provoquer l’admiration de ses élèves : « Ce n’est pas qu’Adam Smith fût un homme éloquent et capable d’exciter au sein d’un auditoire ces émotions puissantes qui produisent l’enthousiasme : sa diction lente et vulgaire n’avait que le mérite de la clarté ». Cette diction maladroite ainsi que de fréquents hochements de tête (probablement un trouble obsessionnel compulsif dans la terminologie moderne) dérivaient d’une maladie nerveuse dont le célèbre économiste a souffert tout au long de sa vie.

Ces particularités participaient toutefois d’une excentricité générale qui relevait le tempérament de l’homme. En penseur du courant des Lumières, celui-ci exprimait une certaine indépendance d’esprit, notamment à l’égard de la religion : il est critiqué par le corps enseignant de l’université pour ses sourires ironiques pendant les services religieux. Il est également transgressif sur les plans économique et politique dans la mesure où il défend la liberté économique à une époque où règnent l’esprit de monopole et le protectionnisme. Il est à l’aise avec les mondanités : il écume avec son ami David Hume les cercles intellectuels – il a fréquenté, à Paris, les principaux chefs de l’école physiocrate – et joue au whist le soir. Ses manières et son allure compensent son apparence repoussante et lui confèrent un certain charme qui lui vaut d’être tout de même apprécié de ses étudiants, voire imité.