"Les hommes ne voient la nécessité que dans la crise " - Jean MONNET

"L’inflation est comme l’alcoolisme. Lorsqu’un homme se livre à une beuverie, le soir même cela lui fait du bien. Ce n’est que le lendemain qu’il se sent mal" - Milton FRIEDMAN

"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"La politique n'agit sur l'économie que si elle ne prétend pas le faire " - Jacques ATTALI

"Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le socialisme, les gens ont davantage de parkings " - Winston CHURCHILL

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

"Le problème avec la réduction des impôts sur le revenu c’est que ça stimule suffisamment l’économie pour que tout le monde rentre dans la tranche supérieure" - Harold COFFIN

"Un économiste est quelqu’un qui expose l’évidence en termes incompréhensibles" - Alfred KNOPFT

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

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La "médiocrité" d'Adam Smith

17 mars 2022

Le père de l’économie libérale était paradoxalement un « personnage » sans éclat. Il incarne parfaitement le stéréotype du penseur solitaire et anti charismatique. La fragilité de sa constitution, sa prédisposition pour l’étude et son amour de la solitude ont eu pour effet d’alourdir les punitions gratuites du sort : la laideur, le bégaiement, la fadeur du tempérament. Par Romain Treffel.

Adam Smith

 Professeur de logique puis de philosophie morale à l’université de Glasgow, il n’était pas un professeur brillant susceptible de provoquer l’admiration de ses élèves : « Ce n’est pas qu’Adam Smith fût un homme éloquent et capable d’exciter au sein d’un auditoire ces émotions puissantes qui produisent l’enthousiasme : sa diction lente et vulgaire n’avait que le mérite de la clarté ». Cette diction maladroite ainsi que de fréquents hochements de tête (probablement un trouble obsessionnel compulsif dans la terminologie moderne) dérivaient d’une maladie nerveuse dont le célèbre économiste a souffert tout au long de sa vie.

Ces particularités participaient toutefois d’une excentricité générale qui relevait le tempérament de l’homme. En penseur du courant des Lumières, celui-ci exprimait une certaine indépendance d’esprit, notamment à l’égard de la religion : il est critiqué par le corps enseignant de l’université pour ses sourires ironiques pendant les services religieux. Il est également transgressif sur les plans économique et politique dans la mesure où il défend la liberté économique à une époque où règnent l’esprit de monopole et le protectionnisme. Il est à l’aise avec les mondanités : il écume avec son ami David Hume les cercles intellectuels – il a fréquenté, à Paris, les principaux chefs de l’école physiocrate – et joue au whist le soir. Ses manières et son allure compensent son apparence repoussante et lui confèrent un certain charme qui lui vaut d’être tout de même apprécié de ses étudiants, voire imité.