"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"L'économie mondiale demeure une notion abstraite aussi longtemps que l'on ne possède pas un compte en banque" - Achille CHAVEE

"La guerre n'est que la simple continuation de la politique par d'autres moyens" - Carl VON CLAUSEWITZ

"A long terme nous serons tous morts" - John Maynard KEYNES

"L'avarice commence où la pauvreté cesse. " - Honoré de BALZAC

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"Il [cf. l'économiste] doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur" - John Maynard KEYNES

"Les profits sont le sang vital du système économique, l’élixir magique sur lequel repose tout progrès. Mais le sang d’une personne peut être le cancer pour une autre " - Paul SAMUELSON

"Qui parle sème ; qui écoute récolte " - PYTHAGORE

"La productivité est la mesure du progrès technique" - Jean FOURASTIE

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Qui a lu la richesse des nations ?

27 novembre 2018

Les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) constituent l’ouvrage le plus célèbre d’Adam Smith. Considéré comme le premier livre moderne d’économie, celui-ci est étudié dans tout manuel d’économie qui se respecte et il est régulièrement cité dans les dissertations. Pourtant, il est une plaisanterie chère aux économistes : l’homme qui a lu (entièrement) La richesse des nations, disent-ils, n’est pas encore né ! Par Romain Treffel.

Richesse des nations

 En effet, l’ouvrage très épais (deux tomes de 600 pages, en français) pêche par verbosité, à quoi il faut ajouter une absence de séduction dans la forme. On peut consulter sur ce point, l’avis exprimé dans la notice biographique rédigée par l’économiste français Adolphe Blanqui : « […] il manque de méthode, d’ordre et de composition. La lecture en est difficile et fatigante au premier abord ; […] Smith se répète quelquefois ; plus souvent il s’oublie et paraît s’égarer ; […] Quiconque est assez curieux pour le suivre, ne fût-ce qu’un moment, se sent entraîné dans sa course opiniâtre et sévère, comme elle des cylindres de nos industries, où tout le corps doit passer pour peu qu’on y engage le petit doigt ».

Ces défauts évidents de l’ouvrage célèbre ne se retrouvent néanmoins pas immédiatement dans les chapitres I et II : quoi qu’affligés de redondances et lourds d’exemples profus, ceux-ci ont le mérite de la clarté. Ainsi sont-ils les plus lus et les plus connus de la Recherche (serait-ce parce qu’ils sont les deux premiers ?). Pour sa part, Keynes n’a pas semblé ennuyé par les innombrables digressions du père écossais de l’économie politique : ayant lu l’oeuvre monumentale dans sa cabine pendant une croisière, il l’aurait trouvée admirable. Doit-on le croire ?