"Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes " - BOSSUET

"Dans ce monde complexe où l’information n’a jamais été aussi abondante, nous devons développer l’intelligence économique " - Jean ARTHUIS

"Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France " - Maximilien DE BETHUNES, Duc de Sully

"La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres" - Winston CHURCHILL

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"Les hommes ne voient la nécessité que dans la crise " - Jean MONNET

"L'offre créée sa propre demande" - Jean-Baptiste SAY

"La guerre n'est que la simple continuation de la politique par d'autres moyens" - Carl VON CLAUSEWITZ

"On appelle progrès technique une capacité d’action de plus en plus efficace que l’homme acquiert par l’effort intellectuel sur les éléments matériels" - Jean FOURASTIE

"Quand un économiste vous répond, on ne comprend plus ce qu’on lui avait demandé " - André GIDE

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Qui a lu la richesse des nations ?

21 octobre 2021

Les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) constituent l’ouvrage le plus célèbre d’Adam Smith. Considéré comme le premier livre moderne d’économie, celui-ci est étudié dans tout manuel d’économie qui se respecte et il est régulièrement cité dans les dissertations. Pourtant, il est une plaisanterie chère aux économistes : l’homme qui a lu (entièrement) La richesse des nations, disent-ils, n’est pas encore né ! Par Romain Treffel.

Richesse des nations

 En effet, l’ouvrage très épais (deux tomes de 600 pages, en français) pêche par verbosité, à quoi il faut ajouter une absence de séduction dans la forme. On peut consulter sur ce point, l’avis exprimé dans la notice biographique rédigée par l’économiste français Adolphe Blanqui : « […] il manque de méthode, d’ordre et de composition. La lecture en est difficile et fatigante au premier abord ; […] Smith se répète quelquefois ; plus souvent il s’oublie et paraît s’égarer ; […] Quiconque est assez curieux pour le suivre, ne fût-ce qu’un moment, se sent entraîné dans sa course opiniâtre et sévère, comme elle des cylindres de nos industries, où tout le corps doit passer pour peu qu’on y engage le petit doigt ».

Ces défauts évidents de l’ouvrage célèbre ne se retrouvent néanmoins pas immédiatement dans les chapitres I et II : quoi qu’affligés de redondances et lourds d’exemples profus, ceux-ci ont le mérite de la clarté. Ainsi sont-ils les plus lus et les plus connus de la Recherche (serait-ce parce qu’ils sont les deux premiers ?). Pour sa part, Keynes n’a pas semblé ennuyé par les innombrables digressions du père écossais de l’économie politique : ayant lu l’oeuvre monumentale dans sa cabine pendant une croisière, il l’aurait trouvée admirable. Doit-on le croire ?