"L’inflation est toujours un phénomène monétaire" - Milton FRIEDMAN

"Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur " - Paul VALERY

"La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres" - Winston CHURCHILL

"La productivité est la mesure du progrès technique" - Jean FOURASTIE

"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"Le plein-emploi ou même une situation voisine du plein-emploi est rare autant qu’éphémère" - John Maynard KEYNES

"Gold is money. Everything else is credit " - J.P. MORGAN

"On appelle progrès technique une capacité d’action de plus en plus efficace que l’homme acquiert par l’effort intellectuel sur les éléments matériels" - Jean FOURASTIE

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

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Voltaire spéculateur

6 décembre 2018

Contrairement à Rousseau et Diderot, Voltaire était riche. Ne pouvant vivre de sa plume, le plus célèbre des philosophes des lumières n’a pas renoncé pour autant à gagner l’argent de sa liberté. Voulant s’enrichir de toutes ses forces, il emploie des méthodes et il fréquente des personnages qu’il hait pour bâtir sa fortune. Ainsi, il multiplie les opérations légales mais douteuses, s’associe avec des affairistes qui, grâce à leurs connexions politiques, font de très gros profits sur le dos de l’Etat. Par Romain Treffel.

Voltaire

 Ses spéculations permettent au philosophe d’assurer ses dépenses courantes, de financer ses très coûteux voyages à l’étranger, et de figurer dignement dans le monde où il est reçu. Elles ne sont cependant pas dépourvues de risque, si bien que plusieurs ramènent Voltaire dans une situation financière précaire (notamment lors de son exil anglais), l’obligeant par exemple à vendre ses biens de valeur et à quémander des sommes modestes auprès de ses connaissances. Certaines acrobaties financières et manoeuvres suspectes lui font même frôler le scandale public, mais il met toute son énergie et sa mauvaise foi à les étouffer.

Malgré ces péripéties, le spéculateur philosophe n’attend pas la fortune bien longtemps. En 1728 (il a alors 34 ans), il obtient un petit capital en réclamant à la reine les annuités d’une pension qu’elle lui a accordée avant son arrestation. Il choisit alors d’engager cette petite somme dans une sorte d’escroquerie légale, une loterie créée par le ministre des Finances si mal élaborée qu’un groupe de souscripteurs achète tous les numéros de tirage pour une faible mise et empoche une rente mensuel d’un million de livres. L’opération dure un an avant que le ministère se rende compte qu’on dévalise l’Etat. Le ministre perd logiquement sa place, mais Voltaire et ses amis ont gagné une fortune. Toutefois, ce succès ne suffit pas à le mettre à l’abri, estime l’escroc philosophe. Il s’engage donc dans un agiotage mis en oeuvre par le duc de Lorraine en utilisant un prête-nom pour contourner l’obligation d’être sujet du duc. Sa fortune est triplée. Dès lors, il profite des investissements très rémunérateurs que le régime offre à ses sujets les mieux pourvus, notamment dans le commerce colonial. Il deviendra si riche qu’il se permettra d’être le créancier de quelques princes européens.