"La seule fonction de la prévision économique, c’est de rendre l’astrologie respectable " - GALBRAITH

"L'avarice commence où la pauvreté cesse. " - Honoré de BALZAC

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"La communication d’entreprise est une rare petite période heureuse entre deux communications de crise " - Thierry ORSONI

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique" - Georges BERNANOS

"Il y a deux manières de conquérir et d'asservir une nation, l'une est par les armes, l'autre par la dette." - John ADAMS

"On ne peut devenir entrepreneur qu’en devenant auparavant débiteur. S’endetter appartient à l’essence de l’entreprise et n’a rien d’anormal" - Joseph SCHUMPETER

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Voltaire spéculateur

8 juillet 2019

Contrairement à Rousseau et Diderot, Voltaire était riche. Ne pouvant vivre de sa plume, le plus célèbre des philosophes des lumières n’a pas renoncé pour autant à gagner l’argent de sa liberté. Voulant s’enrichir de toutes ses forces, il emploie des méthodes et il fréquente des personnages qu’il hait pour bâtir sa fortune. Ainsi, il multiplie les opérations légales mais douteuses, s’associe avec des affairistes qui, grâce à leurs connexions politiques, font de très gros profits sur le dos de l’Etat. Par Romain Treffel.

Voltaire

 Ses spéculations permettent au philosophe d’assurer ses dépenses courantes, de financer ses très coûteux voyages à l’étranger, et de figurer dignement dans le monde où il est reçu. Elles ne sont cependant pas dépourvues de risque, si bien que plusieurs ramènent Voltaire dans une situation financière précaire (notamment lors de son exil anglais), l’obligeant par exemple à vendre ses biens de valeur et à quémander des sommes modestes auprès de ses connaissances. Certaines acrobaties financières et manoeuvres suspectes lui font même frôler le scandale public, mais il met toute son énergie et sa mauvaise foi à les étouffer.

Malgré ces péripéties, le spéculateur philosophe n’attend pas la fortune bien longtemps. En 1728 (il a alors 34 ans), il obtient un petit capital en réclamant à la reine les annuités d’une pension qu’elle lui a accordée avant son arrestation. Il choisit alors d’engager cette petite somme dans une sorte d’escroquerie légale, une loterie créée par le ministre des Finances si mal élaborée qu’un groupe de souscripteurs achète tous les numéros de tirage pour une faible mise et empoche une rente mensuel d’un million de livres. L’opération dure un an avant que le ministère se rende compte qu’on dévalise l’Etat. Le ministre perd logiquement sa place, mais Voltaire et ses amis ont gagné une fortune. Toutefois, ce succès ne suffit pas à le mettre à l’abri, estime l’escroc philosophe. Il s’engage donc dans un agiotage mis en oeuvre par le duc de Lorraine en utilisant un prête-nom pour contourner l’obligation d’être sujet du duc. Sa fortune est triplée. Dès lors, il profite des investissements très rémunérateurs que le régime offre à ses sujets les mieux pourvus, notamment dans le commerce colonial. Il deviendra si riche qu’il se permettra d’être le créancier de quelques princes européens.