"Si vous m'avez compris c'est que je me suis mal exprimé" - Alan GREENSPAN

"La politique n'agit sur l'économie que si elle ne prétend pas le faire " - Jacques ATTALI

"Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées." - Winston CHURCHILL

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"En France quand on raisonne économiquement on est soupçonné de conspirer socialement" - Auteur indéterminé

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"Notre économie change jour après jour et, en ce sens, elle est toujours nouvelle" - Alan GREENSPAN

"Les urgences ont toujours été le prétexte sur lequel les protections des libertés individuelles ont été érodé" - Friedrich HAYEK

"Je crains le jour où la technologie dépassera nos relations humaines. Le monde aura une génération d'idiots " - Albert EINSTEIN

Citation Suivante

Schumpeter a prédit la fin du capitalisme

13 novembre 2018

Passé à la postérité pour sa mise en lumière du processus de « destruction créatrice » à l’origine de la croissance économique, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter a été rendu très pessimiste par l’histoire européenne des années 1930. A l’instar d’autres commentateurs très intelligents de la vie économique de son époque, il en est venu à voir dans la stagnation la perspective naturelle du capitalisme. Constatant en effet que la concurrence a tendance à s'autodétruire, il pense l'apparition des monopoles comme le moyen de prolonger la dynamique de l'entrepreneur. En conséquence de quoi il prédit dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942) l'avènement de l'économie planifiée, l'entrepreneur étant appelé à être supplanté par le planificateur comme élément moteur de la société. Par Romain Treffel.

Schumpeter

 Le raisonnement qui sous-tend cette prédiction tourne autour de la figure tutélaire (pour Schumpeter) de l’entrepreneur : celui-ci est, d’un point de vue sociologique, le champion de la bourgeoisie. S’il ne constitue pas nécessairement un élément de cette couche dès le début de sa carrière, il ne s’y agrège pas moins en cas de succès. La classe bourgeoise l’absorbe lui, sa famille et ses parents ; du même coup, elle se recrute et se revivifie constamment. Économiquement et sociologiquement, directement et indirectement, elle ne survit qu’en lui et par lui ; sans les qualités de cette personnalité supérieure, telles que l’énergie, la volonté, l’inventivité, la combativité etc. – qualités paradoxalement en conflit avec les priorités de la classe bourgeoise que sont le confort et la sécurité, soit l’absence de tensions – le combat de classe serait perdu. Ainsi, la disparition de l’entrepreneur avec celle de la concurrence doit signifier la fin du capitalisme.

La prophétie ratée de Schumpeter s’explique également par son contexte historique. Les performances économiques de l’URSS étaient alors impressionnantes : dans l’entre-deux-guerres, le taux de croissance de l’économie soviétique a dépassé celui de tous les autres pays (sauf le Japon) ; de 1945 à 1960, le « camp socialiste » a enregistré une croissance (officiellement...) bien supérieure à celle de l’Ouest, si bien que nombre d’observateurs tenaient le socialisme pour voué à dépasser le capitalisme.