"Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique" - Georges BERNANOS

"Dans une crise, la seule chose prévisible, c’est l’incertitude qui suit " - Isabelle LUSCHEVICI

"Tout l’art du bon gouvernement consiste à plumer l’oie de façon à obtenir le maximum de plumes avec le minimum de cris" - Jean-Baptiste COLBERT

"Les communistes sont ceux qui ont lu Marx. Les anti-communistes sont ceux qui l'ont compris " - Ronald REAGAN

"L’économie se venge toujours" - Raymond BARRE

"En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal" - Nicolas MACHIAVEL

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"Casser l’inflation se fait toujours au détriment de l’emploi" - Nicholas KALDOR

"Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire. Car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. " - Henry FORD

"Beaucoup considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu le voit comme le cheval tirant la charrue" - Winston CHURCHILL

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Schumpeter a prédit la fin du capitalisme

13 novembre 2018

Passé à la postérité pour sa mise en lumière du processus de « destruction créatrice » à l’origine de la croissance économique, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter a été rendu très pessimiste par l’histoire européenne des années 1930. A l’instar d’autres commentateurs très intelligents de la vie économique de son époque, il en est venu à voir dans la stagnation la perspective naturelle du capitalisme. Constatant en effet que la concurrence a tendance à s'autodétruire, il pense l'apparition des monopoles comme le moyen de prolonger la dynamique de l'entrepreneur. En conséquence de quoi il prédit dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942) l'avènement de l'économie planifiée, l'entrepreneur étant appelé à être supplanté par le planificateur comme élément moteur de la société. Par Romain Treffel.

Schumpeter

 Le raisonnement qui sous-tend cette prédiction tourne autour de la figure tutélaire (pour Schumpeter) de l’entrepreneur : celui-ci est, d’un point de vue sociologique, le champion de la bourgeoisie. S’il ne constitue pas nécessairement un élément de cette couche dès le début de sa carrière, il ne s’y agrège pas moins en cas de succès. La classe bourgeoise l’absorbe lui, sa famille et ses parents ; du même coup, elle se recrute et se revivifie constamment. Économiquement et sociologiquement, directement et indirectement, elle ne survit qu’en lui et par lui ; sans les qualités de cette personnalité supérieure, telles que l’énergie, la volonté, l’inventivité, la combativité etc. – qualités paradoxalement en conflit avec les priorités de la classe bourgeoise que sont le confort et la sécurité, soit l’absence de tensions – le combat de classe serait perdu. Ainsi, la disparition de l’entrepreneur avec celle de la concurrence doit signifier la fin du capitalisme.

La prophétie ratée de Schumpeter s’explique également par son contexte historique. Les performances économiques de l’URSS étaient alors impressionnantes : dans l’entre-deux-guerres, le taux de croissance de l’économie soviétique a dépassé celui de tous les autres pays (sauf le Japon) ; de 1945 à 1960, le « camp socialiste » a enregistré une croissance (officiellement...) bien supérieure à celle de l’Ouest, si bien que nombre d’observateurs tenaient le socialisme pour voué à dépasser le capitalisme.