"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées." - Winston CHURCHILL

"On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple" - Victor HUGO

"On taxe les riches car ils sont riches et on taxe les pauvres car ils sont nombreux " - blague de fiscaliste

"Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles" - Alec DOUGLAS-HOME

"Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles " - Bill GATES

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"Le plein-emploi ou même une situation voisine du plein-emploi est rare autant qu’éphémère" - John Maynard KEYNES

"Pour être valable toute théorie, quelle qu'elle soit, doit être confirmée, tant dans ses hypothèses que dans ses conséquences, par les données de l'observation" - Maurice ALLAIS

"Notre économie change jour après jour et, en ce sens, elle est toujours nouvelle" - Alan GREENSPAN

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Schumpeter a prédit la fin du capitalisme

16 septembre 2019

Passé à la postérité pour sa mise en lumière du processus de « destruction créatrice » à l’origine de la croissance économique, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter a été rendu très pessimiste par l’histoire européenne des années 1930. A l’instar d’autres commentateurs très intelligents de la vie économique de son époque, il en est venu à voir dans la stagnation la perspective naturelle du capitalisme. Constatant en effet que la concurrence a tendance à s'autodétruire, il pense l'apparition des monopoles comme le moyen de prolonger la dynamique de l'entrepreneur. En conséquence de quoi il prédit dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942) l'avènement de l'économie planifiée, l'entrepreneur étant appelé à être supplanté par le planificateur comme élément moteur de la société. Par Romain Treffel.

Schumpeter

 Le raisonnement qui sous-tend cette prédiction tourne autour de la figure tutélaire (pour Schumpeter) de l’entrepreneur : celui-ci est, d’un point de vue sociologique, le champion de la bourgeoisie. S’il ne constitue pas nécessairement un élément de cette couche dès le début de sa carrière, il ne s’y agrège pas moins en cas de succès. La classe bourgeoise l’absorbe lui, sa famille et ses parents ; du même coup, elle se recrute et se revivifie constamment. Économiquement et sociologiquement, directement et indirectement, elle ne survit qu’en lui et par lui ; sans les qualités de cette personnalité supérieure, telles que l’énergie, la volonté, l’inventivité, la combativité etc. – qualités paradoxalement en conflit avec les priorités de la classe bourgeoise que sont le confort et la sécurité, soit l’absence de tensions – le combat de classe serait perdu. Ainsi, la disparition de l’entrepreneur avec celle de la concurrence doit signifier la fin du capitalisme.

La prophétie ratée de Schumpeter s’explique également par son contexte historique. Les performances économiques de l’URSS étaient alors impressionnantes : dans l’entre-deux-guerres, le taux de croissance de l’économie soviétique a dépassé celui de tous les autres pays (sauf le Japon) ; de 1945 à 1960, le « camp socialiste » a enregistré une croissance (officiellement...) bien supérieure à celle de l’Ouest, si bien que nombre d’observateurs tenaient le socialisme pour voué à dépasser le capitalisme.