"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

"La communication d’entreprise est une rare petite période heureuse entre deux communications de crise " - Thierry ORSONI

"Les urgences ont toujours été le prétexte sur lequel les protections des libertés individuelles ont été érodé" - Friedrich HAYEK

"La récession c'est quand votre voisin perd son emploi; la dépression c'est quand vous perdez le vôtre" - Harry S. TRUMAN

"Vous et moi venons par route ou par rail, mais les économistes voyagent en infrastructures " - Margareth THATCHER

"Pour être valable toute théorie, quelle qu'elle soit, doit être confirmée, tant dans ses hypothèses que dans ses conséquences, par les données de l'observation" - Maurice ALLAIS

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

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Schumpeter a prédit la fin du capitalisme

16 septembre 2019

Passé à la postérité pour sa mise en lumière du processus de « destruction créatrice » à l’origine de la croissance économique, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter a été rendu très pessimiste par l’histoire européenne des années 1930. A l’instar d’autres commentateurs très intelligents de la vie économique de son époque, il en est venu à voir dans la stagnation la perspective naturelle du capitalisme. Constatant en effet que la concurrence a tendance à s'autodétruire, il pense l'apparition des monopoles comme le moyen de prolonger la dynamique de l'entrepreneur. En conséquence de quoi il prédit dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942) l'avènement de l'économie planifiée, l'entrepreneur étant appelé à être supplanté par le planificateur comme élément moteur de la société. Par Romain Treffel.

Schumpeter

 Le raisonnement qui sous-tend cette prédiction tourne autour de la figure tutélaire (pour Schumpeter) de l’entrepreneur : celui-ci est, d’un point de vue sociologique, le champion de la bourgeoisie. S’il ne constitue pas nécessairement un élément de cette couche dès le début de sa carrière, il ne s’y agrège pas moins en cas de succès. La classe bourgeoise l’absorbe lui, sa famille et ses parents ; du même coup, elle se recrute et se revivifie constamment. Économiquement et sociologiquement, directement et indirectement, elle ne survit qu’en lui et par lui ; sans les qualités de cette personnalité supérieure, telles que l’énergie, la volonté, l’inventivité, la combativité etc. – qualités paradoxalement en conflit avec les priorités de la classe bourgeoise que sont le confort et la sécurité, soit l’absence de tensions – le combat de classe serait perdu. Ainsi, la disparition de l’entrepreneur avec celle de la concurrence doit signifier la fin du capitalisme.

La prophétie ratée de Schumpeter s’explique également par son contexte historique. Les performances économiques de l’URSS étaient alors impressionnantes : dans l’entre-deux-guerres, le taux de croissance de l’économie soviétique a dépassé celui de tous les autres pays (sauf le Japon) ; de 1945 à 1960, le « camp socialiste » a enregistré une croissance (officiellement...) bien supérieure à celle de l’Ouest, si bien que nombre d’observateurs tenaient le socialisme pour voué à dépasser le capitalisme.