"Il [cf. l'économiste] doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur" - John Maynard KEYNES

"Le capitalisme constitue par nature, un type ou une méthode de transformation économique, et non seulement il n’est jamais stationnaire, mais il ne pourrait le devenir. Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme" - Joseph SCHUMPETER

"Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles" - Alec DOUGLAS-HOME

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"L’Europe se fera par la monnaie ou ne se fera pas" - Jacques RUEFF

"A long terme nous serons tous morts" - John Maynard KEYNES

"Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et avec les couleurs de la justice." - MONTESQUIEU

"La productivité est la mesure du progrès technique" - Jean FOURASTIE

"Le budget est le squelette de l'État débarrassé de toute idéologie trompeuse" - Joseph SCHUMPETER

"Mes clients sont libres de choisir la couleur de leur voiture à condition qu’ils la veuillent noire" - Henry FORD

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Mussolini brûle la dette italienne

30 septembre 2021

En 1928, Benito Mussolini brûle symboliquement la dette publique italienne sur la flamme de l’Autel de la Patrie à Rome : « J’estime que l’Etat, déclare-t-il, doit intervenir le moins possible. J’ai laissé conduire au cimetière bien des banques. J’ai préféré les laisser mourir que d’infliger au contribuable italien des charges de plus en plus lourdes pour sauver des imbéciles ou des voleurs ».

Mussolini dette italienne

 

Parfois pris en exemple, dans les pays actuellement les plus endettés, par les partisans d’un défaut partiel, voire total, décomplexé, ou par les nostalgiques d’un État fort capable de s’émanciper de ses créanciers, cet épisode n’est cependant pas pleinement cohérent avec la politique économique fasciste telle qu’elle a été déroulée depuis l’arrivée au pouvoir du fondateur du fascisme en 1922.

L’ampleur de la dette publique italienne a pour origine la Première Guerre mondiale, une victoire qui a coûté très cher à l’Italie sur les plans humain et économique. Le pays est alors largement tributaire des puissances anglo-saxonnes, ses banquiers. Entre 1919 et 1922, il subit une grave crise économique qui rend le budget de l’État systématiquement déficitaire et accroît donc encore son endettement. Sitôt installé, le régime fasciste adopte une politique économique d'orientation libérale jusqu’en 1926, le duce déclarant : « il faut en finir avec l'État ferroviaire, avec l'État postier, avec l'État assureur » ; ou encore : « je pense que l'État doit renoncer à ses fonctions économiques et surtout à celles qui s'exercent par des monopoles, parce qu'en cette matière l'Etat est incompétent ». Dès lors, l’État italien privatise plusieurs monopoles, réduit la fiscalité et renonce à l’exécution de certains travaux publics.

Ce libéralisme prend fin avec la déflation de 1926 qui rend insoutenable la dette publique. L’État fasciste devient alors interventionniste : il acquiert la majorité des titres détenus par les banques pour contrôler de nombreuses activités du secteur privé, favorise la concentration des entreprises et mène une politique de grands travaux. Mussolini défend désormais le principe d’une subordination de l’économique au politique : « Prétendre que les faits économiques suffisent à expliquer l’histoire humaine, à l’exclusion des autres facteurs, est une absurdité. Le fascisme croit encore et toujours à la sainteté et à l’héroïsme, c’est-à-dire aux actions dans lesquelles n’agit aucun motif économique proche ou lointain ». Une philosophie plus conforme avec la consumation de la dette publique

 

 

Citation

Romain Treffel, « Mussolini brûle la dette italienne », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 11/16/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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