"Si la méchanceté des hommes est un argument contre la liberté, elle en est un plus fort encore contre la puissance. Car le despotisme n'est autre chose que la liberté d'un seul ou de quelques-uns contre tous" - Benjamin CONSTANT

"On taxe les riches car ils sont riches et on taxe les pauvres car ils sont nombreux " - blague de fiscaliste

"Gold is money. Everything else is credit " - J.P. MORGAN

"Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation" - Thomas JEFFERSON

"Je parle de l’esprit du commerce qui s’empare tôt ou tard de chaque nation et qui est incompatible avec la guerre" - Emmanuel KANT

"La récession c'est quand votre voisin perd son emploi; la dépression c'est quand vous perdez le vôtre" - Harry S. TRUMAN

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

"Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein " - Henry KISSINGER

"L'économie c'est la science du sordide, non de la pureté " - Alfred SAUVY

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Mussolini brûle la dette italienne

10 octobre 2018

En 1928, Benito Mussolini brûle symboliquement la dette publique italienne sur la flamme de l’Autel de la Patrie à Rome : « J’estime que l’Etat, déclare-t-il, doit intervenir le moins possible. J’ai laissé conduire au cimetière bien des banques. J’ai préféré les laisser mourir que d’infliger au contribuable italien des charges de plus en plus lourdes pour sauver des imbéciles ou des voleurs ».

Mussolini dette italienne

 

Parfois pris en exemple, dans les pays actuellement les plus endettés, par les partisans d’un défaut partiel, voire total, décomplexé, ou par les nostalgiques d’un État fort capable de s’émanciper de ses créanciers, cet épisode n’est cependant pas pleinement cohérent avec la politique économique fasciste telle qu’elle a été déroulée depuis l’arrivée au pouvoir du fondateur du fascisme en 1922.

L’ampleur de la dette publique italienne a pour origine la Première Guerre mondiale, une victoire qui a coûté très cher à l’Italie sur les plans humain et économique. Le pays est alors largement tributaire des puissances anglo-saxonnes, ses banquiers. Entre 1919 et 1922, il subit une grave crise économique qui rend le budget de l’État systématiquement déficitaire et accroît donc encore son endettement. Sitôt installé, le régime fasciste adopte une politique économique d'orientation libérale jusqu’en 1926, le duce déclarant : « il faut en finir avec l'État ferroviaire, avec l'État postier, avec l'État assureur » ; ou encore : « je pense que l'État doit renoncer à ses fonctions économiques et surtout à celles qui s'exercent par des monopoles, parce qu'en cette matière l'Etat est incompétent ». Dès lors, l’État italien privatise plusieurs monopoles, réduit la fiscalité et renonce à l’exécution de certains travaux publics.

Ce libéralisme prend fin avec la déflation de 1926 qui rend insoutenable la dette publique. L’État fasciste devient alors interventionniste : il acquiert la majorité des titres détenus par les banques pour contrôler de nombreuses activités du secteur privé, favorise la concentration des entreprises et mène une politique de grands travaux. Mussolini défend désormais le principe d’une subordination de l’économique au politique : « Prétendre que les faits économiques suffisent à expliquer l’histoire humaine, à l’exclusion des autres facteurs, est une absurdité. Le fascisme croit encore et toujours à la sainteté et à l’héroïsme, c’est-à-dire aux actions dans lesquelles n’agit aucun motif économique proche ou lointain ». Une philosophie plus conforme avec la consumation de la dette publique

 

 

Citation

Romain Treffel, « Mussolini brûle la dette italienne », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 11/16/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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