"Les hommes n'étant pas dotés des mêmes capacités, s'ils sont libres, ils ne sont pas égaux, et s'ils sont égaux, c'est qu'ils ne sont pas libres" - Alexandre SOLJENITSYNE

"L’économie est fille de la sagesse et d’une raison éclairée : elle sait se refuser le superflu, pour se ménager le nécessaire " - Jean-Baptiste SAY

"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions" - Ronald REAGAN

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur " - Paul VALERY

"La productivité est la mesure du progrès technique" - Jean FOURASTIE

"La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir" - Paulo CUELHO

"Chaque génération se doit de payer ses propres dettes. Respecter ce principe éviterait bien des guerres à l'humanité" - Thomas JEFFERSON

"On attire l'ennemi par la perspective d'un avantage ; on l'écarte par la crainte d'un dommage. " - SUN TZU

"L’inflation est comme l’alcoolisme. Lorsqu’un homme se livre à une beuverie, le soir même cela lui fait du bien. Ce n’est que le lendemain qu’il se sent mal" - Milton FRIEDMAN

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La femme derrière les CDS

8 avril 2019

Blythe Masters a inventé les fameux Credit Default Swaps (CDS, « couvertures de défaillance »), largement incriminés lors de la crise financière de 2008. Pour rappel, les CDS sont un produit d'assurance permettant à un créancier de transférer son risque d'impayé à un tiers qu'il rémunère pour cela. Née en 1969 à Oxford, B. Masters a reçu une double formation en mathématiques et en finance à Cambridge, puis elle est entrée chez la banque américaine JP Morgan, où elle a ensuite effectué toute sa carrière.

Blythe Masters CDS

 

La conception théorique des CDS a eu lieu en 1994, lors d’un séminaire de JP Morgan à Boca Raton, petite ville estivale sur la côte de Floride, à une heure de Miami. Le directeur du département des crédits dérivés a décidé de réunir les jeunes éléments de la banque pour un week-end de beuverie et de brainstorming. Présentée comme une récompense, cette réunion a en fait un but précis : trouver un moyen d’alléger le livre de compte de la banque de ses prêts trop risqués. En particulier, une protection est nécessaire contre le défaut de paiement d’Exxon, la firme pétrolière américaine, qui a emprunté 5 milliards de dollars lors de la marée noire de 1989. Blythe Masters et ses camarades ont l’idée d’adapter aux entreprises la formule de permutation de l’impayé, jusque-là réservée aux prêts immobiliers hypothécaires. Identique à un mécanisme d’assurance, celui-ci n’est cependant pas appelé tel afin qu’il ne tombe pas dans le secteur régulé des assurances. La jeune banquière met en pratique cette théorie en signant le premier contrat de CDS avec la BERD, alors dirigée par Jacques de Larosière, débarrassant ainsi JP Morgan du risque Exxon.

Après la crise, la conceptrice des CDS est pointée du doigt, mais elle n’accepte pas la part de responsabilité qu’on lui attribue : « Les crédits dérivés, par eux-mêmes, n’ont pas augmenté, ni réduit la tendance des gens à prendre de mauvaises décisions quant aux crédits. (…) blâmer les credit default swaps, c’est comme un artisan qui blâmerait ses outils ». Dans les autres banques, cependant, celles qui n’ont pas réussi à se délester des subprimes assez vite pensent bien que la JP Morgan et l’assureur AIG sont à blâmer pour avoir popularisé les CDS. 

 

Citation

Romain Treffel, « La femme derrière les CDS », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 10/19/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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