"L'avarice commence où la pauvreté cesse. " - Honoré de BALZAC

"Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein " - Henry KISSINGER

"La politique n'agit sur l'économie que si elle ne prétend pas le faire " - Jacques ATTALI

"Le socialisme cherche à abattre la richesse, le libéralisme à supprimer la pauvreté " - Winston CHURCHILL

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque (...). Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés" - Alexis de TOCQUEVILLE

"Pour être valable toute théorie, quelle qu'elle soit, doit être confirmée, tant dans ses hypothèses que dans ses conséquences, par les données de l'observation" - Maurice ALLAIS

"L’économie se venge toujours" - Raymond BARRE

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"Une démocratie peut se rétablir rapidement d'un désastre matériel ou économique, mais quand ses convictions morales faiblissent, il devient facile pour les démagogues et les charlatans de prêcher. Alors tyrannie et oppression passent à l'ordre du jour" - James William FULLBRIGH

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La femme derrière les CDS

8 avril 2019

Blythe Masters a inventé les fameux Credit Default Swaps (CDS, « couvertures de défaillance »), largement incriminés lors de la crise financière de 2008. Pour rappel, les CDS sont un produit d'assurance permettant à un créancier de transférer son risque d'impayé à un tiers qu'il rémunère pour cela. Née en 1969 à Oxford, B. Masters a reçu une double formation en mathématiques et en finance à Cambridge, puis elle est entrée chez la banque américaine JP Morgan, où elle a ensuite effectué toute sa carrière.

Blythe Masters CDS

 

La conception théorique des CDS a eu lieu en 1994, lors d’un séminaire de JP Morgan à Boca Raton, petite ville estivale sur la côte de Floride, à une heure de Miami. Le directeur du département des crédits dérivés a décidé de réunir les jeunes éléments de la banque pour un week-end de beuverie et de brainstorming. Présentée comme une récompense, cette réunion a en fait un but précis : trouver un moyen d’alléger le livre de compte de la banque de ses prêts trop risqués. En particulier, une protection est nécessaire contre le défaut de paiement d’Exxon, la firme pétrolière américaine, qui a emprunté 5 milliards de dollars lors de la marée noire de 1989. Blythe Masters et ses camarades ont l’idée d’adapter aux entreprises la formule de permutation de l’impayé, jusque-là réservée aux prêts immobiliers hypothécaires. Identique à un mécanisme d’assurance, celui-ci n’est cependant pas appelé tel afin qu’il ne tombe pas dans le secteur régulé des assurances. La jeune banquière met en pratique cette théorie en signant le premier contrat de CDS avec la BERD, alors dirigée par Jacques de Larosière, débarrassant ainsi JP Morgan du risque Exxon.

Après la crise, la conceptrice des CDS est pointée du doigt, mais elle n’accepte pas la part de responsabilité qu’on lui attribue : « Les crédits dérivés, par eux-mêmes, n’ont pas augmenté, ni réduit la tendance des gens à prendre de mauvaises décisions quant aux crédits. (…) blâmer les credit default swaps, c’est comme un artisan qui blâmerait ses outils ». Dans les autres banques, cependant, celles qui n’ont pas réussi à se délester des subprimes assez vite pensent bien que la JP Morgan et l’assureur AIG sont à blâmer pour avoir popularisé les CDS. 

 

Citation

Romain Treffel, « La femme derrière les CDS », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 10/19/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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