"Notre économie change jour après jour et, en ce sens, elle est toujours nouvelle" - Alan GREENSPAN

"Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence " - Jacques ATTALI

"L'avarice commence où la pauvreté cesse. " - Honoré de BALZAC

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"Si la méchanceté des hommes est un argument contre la liberté, elle en est un plus fort encore contre la puissance. Car le despotisme n'est autre chose que la liberté d'un seul ou de quelques-uns contre tous" - Benjamin CONSTANT

"Une société qui ne reconnaît pas que chaque individu à des valeurs qui lui sont propres qu'il est autorisé à suivre, ne peut pas avoir de respect pour la dignité de l'individu et ne peut réellement connaître la liberté" - Friedrich HAYEK

"La politique n'agit sur l'économie que si elle ne prétend pas le faire " - Jacques ATTALI

"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"La confiance est une institution invisible qui régit le développement économique" - Kenneth ARROW

"Un économiste est quelqu'un qui voit fonctionner les choses en pratique et se demande si elles pourraient fonctionner en théorie" - Stephen M. GOLDFELD

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L'exode de Mariel

30 mars 2020

En 1980, le régime de Fidel Castro expulse près de 125 000 cubains suspectés d’activités contrerévolutionnaires. Ils embarquent au port de Mariel en direction des côtes de Floride. Dépeint dans le film culte Scarface (1983), cet épisode est en partie célèbre parce qu’il constitue une expérience naturelle des conséquences économiques de l’immigration.

Exode de Mariel

 

En effet, le sens commun a tendance à imaginer qu’un surcroît brutal de population doit se traduire par une hausse du chômage et par une baisse des salaires, mais l’exode de Mariel est la preuve qu’une économie est capable d’absorber ce choc externe, voire d’améliorer ses indicateurs.

Les résultats de l’expérience ont été analysés par l’économiste canadien David Card, professeur à Berkeley. A court terme, bien évidemment, le taux de chômage ne peut qu’augmenter en raison d’une hausse subite de l’offre de travail : il passe ainsi de 5 % à 7 % dans les quatre premiers mois qui suivent l’arrivée des cubains, tandis que les salaires baissent. Un an plus tard, cependant, le taux de chômage est redescendu à 4 % – soit un niveau inférieur à celui de départ – et les salaires sont remontés à leur niveau d’origine. Les deux indicateurs sont de plus revenus à leurs valeurs de départ dans les villes voisines. Ainsi, en termes économiques, la hausse brutale de l’offre de travail a entraîné à moyen terme une augmentation de la quantité de travail disponible qui a absorbé même davantage que le surcroît de demande engendré par le choc externe. À moyen terme, des bras supplémentaires suscitent une demande solvable pour acheter les produits qu'ils fabriquent.

Une expérience similaire a été tirée de l’émigration russe en Israël : celle-ci a accru de 16 % la population du pays entre 1990 et 1995, mais elle s'est accompagnée d'une baisse du chômage, de 9,6 % à 6,3 %. La conclusion générale est qu’il n'existe aucune corrélation, à long terme, entre taux de croissance de la population et taux de chômage. Au contraire, les pays où le taux de chômage est faible sont ceux où le taux d'activité est élevé. 

 

Citation

Romain Treffel, « L'exode de Mariel », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 10/05/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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