"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"Hélas! Qu'y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l'impôt ?" - Benjamin FRANKLIN

"Quand un économiste vous répond, on ne comprend plus ce qu’on lui avait demandé " - André GIDE

"La confiance est une institution invisible qui régit le développement économique" - Kenneth ARROW

"Moins le risque est grand, plus les spéculateurs fuient" - Maurice ALLAIS

"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"Qui parle sème ; qui écoute récolte " - PYTHAGORE

"Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le socialisme, les gens ont davantage de parkings " - Winston CHURCHILL

"L’économie se venge toujours" - Raymond BARRE

"Il [cf. l'économiste] doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur" - John Maynard KEYNES

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L'exode de Mariel

12 septembre 2018

En 1980, le régime de Fidel Castro expulse près de 125 000 cubains suspectés d’activités contrerévolutionnaires. Ils embarquent au port de Mariel en direction des côtes de Floride. Dépeint dans le film culte Scarface (1983), cet épisode est en partie célèbre parce qu’il constitue une expérience naturelle des conséquences économiques de l’immigration.

Exode de Mariel

 

En effet, le sens commun a tendance à imaginer qu’un surcroît brutal de population doit se traduire par une hausse du chômage et par une baisse des salaires, mais l’exode de Mariel est la preuve qu’une économie est capable d’absorber ce choc externe, voire d’améliorer ses indicateurs.

Les résultats de l’expérience ont été analysés par l’économiste canadien David Card, professeur à Berkeley. A court terme, bien évidemment, le taux de chômage ne peut qu’augmenter en raison d’une hausse subite de l’offre de travail : il passe ainsi de 5 % à 7 % dans les quatre premiers mois qui suivent l’arrivée des cubains, tandis que les salaires baissent. Un an plus tard, cependant, le taux de chômage est redescendu à 4 % – soit un niveau inférieur à celui de départ – et les salaires sont remontés à leur niveau d’origine. Les deux indicateurs sont de plus revenus à leurs valeurs de départ dans les villes voisines. Ainsi, en termes économiques, la hausse brutale de l’offre de travail a entraîné à moyen terme une augmentation de la quantité de travail disponible qui a absorbé même davantage que le surcroît de demande engendré par le choc externe. À moyen terme, des bras supplémentaires suscitent une demande solvable pour acheter les produits qu'ils fabriquent.

Une expérience similaire a été tirée de l’émigration russe en Israël : celle-ci a accru de 16 % la population du pays entre 1990 et 1995, mais elle s'est accompagnée d'une baisse du chômage, de 9,6 % à 6,3 %. La conclusion générale est qu’il n'existe aucune corrélation, à long terme, entre taux de croissance de la population et taux de chômage. Au contraire, les pays où le taux de chômage est faible sont ceux où le taux d'activité est élevé. 

 

Citation

Romain Treffel, « L'exode de Mariel », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 10/05/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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