"Un problème politique est un problème économique sans solution" - Georges ELGOZY

"Qui parle sème ; qui écoute récolte " - PYTHAGORE

"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions" - Ronald REAGAN

"Le changement du monde n’est pas seulement création, progrès, il est d’abord et toujours décomposition, crise " - Alain TOURAINE

"La machine a jusqu’ici créé, directement ou indirectement, beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en a supprimés" - Alfred SAUVY

"Vous ne pouvez pas taxer les gens quand ils gagnent de l'argent, quand ils en dépensent, et quand ils épargnent" - Maurice ALLAIS

"L’Europe se fera par la monnaie ou ne se fera pas" - Jacques RUEFF

"Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique" - Georges BERNANOS

"Les urgences ont toujours été le prétexte sur lequel les protections des libertés individuelles ont été érodé" - Friedrich HAYEK

"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

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L'exode de Mariel

12 septembre 2018

En 1980, le régime de Fidel Castro expulse près de 125 000 cubains suspectés d’activités contrerévolutionnaires. Ils embarquent au port de Mariel en direction des côtes de Floride. Dépeint dans le film culte Scarface (1983), cet épisode est en partie célèbre parce qu’il constitue une expérience naturelle des conséquences économiques de l’immigration.

Exode de Mariel

 

En effet, le sens commun a tendance à imaginer qu’un surcroît brutal de population doit se traduire par une hausse du chômage et par une baisse des salaires, mais l’exode de Mariel est la preuve qu’une économie est capable d’absorber ce choc externe, voire d’améliorer ses indicateurs.

Les résultats de l’expérience ont été analysés par l’économiste canadien David Card, professeur à Berkeley. A court terme, bien évidemment, le taux de chômage ne peut qu’augmenter en raison d’une hausse subite de l’offre de travail : il passe ainsi de 5 % à 7 % dans les quatre premiers mois qui suivent l’arrivée des cubains, tandis que les salaires baissent. Un an plus tard, cependant, le taux de chômage est redescendu à 4 % – soit un niveau inférieur à celui de départ – et les salaires sont remontés à leur niveau d’origine. Les deux indicateurs sont de plus revenus à leurs valeurs de départ dans les villes voisines. Ainsi, en termes économiques, la hausse brutale de l’offre de travail a entraîné à moyen terme une augmentation de la quantité de travail disponible qui a absorbé même davantage que le surcroît de demande engendré par le choc externe. À moyen terme, des bras supplémentaires suscitent une demande solvable pour acheter les produits qu'ils fabriquent.

Une expérience similaire a été tirée de l’émigration russe en Israël : celle-ci a accru de 16 % la population du pays entre 1990 et 1995, mais elle s'est accompagnée d'une baisse du chômage, de 9,6 % à 6,3 %. La conclusion générale est qu’il n'existe aucune corrélation, à long terme, entre taux de croissance de la population et taux de chômage. Au contraire, les pays où le taux de chômage est faible sont ceux où le taux d'activité est élevé. 

 

Citation

Romain Treffel, « L'exode de Mariel », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 10/05/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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