"Il n'y a que deux possibilités, soit un système dirigé par la discipline impersonnelle du marché, soit un autre dirigé par la volonté de quelques individus; et ceux qui s'acharnent à détruire le 1er contribuent, sciemment ou inconsciemment, à créer le 2nd" - Friedrich HAYEK

"Gold is money. Everything else is credit " - J.P. MORGAN

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque (...). Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés" - Alexis de TOCQUEVILLE

"Les communistes sont ceux qui ont lu Marx. Les anti-communistes sont ceux qui l'ont compris " - Ronald REAGAN

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"Il y a deux manières de conquérir et d'asservir une nation, l'une est par les armes, l'autre par la dette." - John ADAMS

"Tout chômage quelconque a uniquement sa cause dans le fait que des changements dans les conditions de la demande ont lieu sans cesse, et que les résistances de frictions empêchent que l’ajustement des salaires appropriés ne s’effectue instantanément" - Arthur Cecil PIGOU

"Le plein-emploi ou même une situation voisine du plein-emploi est rare autant qu’éphémère" - John Maynard KEYNES

"Une idée fausse mais claire et précise aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe" - Alexis De TOCQUEVILLE

"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

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Hayek et Pinochet

4 juillet 2018

Friedrich Hayek a scandalisé l’opinion progressiste en déclarant à propos du régime de Pinochet : « Personnellement je préfère un dictateur libéral plutôt qu’un gouvernement démocratique manquant de libéralisme » (Entretien avec le quotidien chilien El Mercurio, 12 avril 1981).

Hayek et Pinochet

 

Arrivé au pourvoir en 1973 grâce à un coup d’État, le dictateur chilien a fortement libéralisé l’économie en rétablissant la liberté des échanges et l’ouverture du pays à la concurrence internationale. Ces réformes ont été concomitantes de multiples violations des droits de l’homme qui ont entraîné l’exil de centaines de milliers de citoyens. Dès lors, la phrase de l’économiste autrichien a été interprétée comme une manifestation de soutien à un régime militaire dictatorial. 

D’un certain point de vue, cette accusation n’est pas infondée, car Hayek a multiplié les éloges – plus ou moins discrets et mesurés – de la politique économique de Pinochet ; il s’est même rendu sur place à plusieurs reprises et a rencontré le dictateur en personne. Lors de leur première rencontre, en 1977, il lui aurait parlé des obstacles à la démocratie et à la représentativité du gouvernement, mais en lui disant aussi qu’une démocratie illimitée n’est pas non plus souhaitable parce qu’elle génère elle-même les forces qui en viennent à détruire la démocratie. Le dictateur lui a alors demandé de lui fournir ce qu’il avait écrit sur le sujet, de telle manière que la nouvelle constitution chilienne de 1980 aurait été inspirée par la pensée de l’économiste. Quand celui-ci est retourné au Chili en 1981, il a pris du temps en plus de ses obligations officielles pour se rendre compte par lui-même des conditions de vie des Chiliens : les enfants lui sont apparus robustes et en bonne santé.

La citation de Hayek doit cependant être relativisée si l’on tient compte des nuances de sa pensée. En effet, le Prix Nobel autrichien ne condamne pas spontanément le régime chilien pour trois raisons :

  • Tout d’abord, il estime que la démocratie moderne a tendance à dériver vers le totalitarisme, comme l’a montré l’avènement du pouvoir nazi ;
  • Ensuite, il conçoit une dictature temporaire comme le moyen d’empêcher une telle dérivation ;
  • Enfin, il fait la distinction entre un pouvoir dictatorial, par définition condamnable, et un pouvoir autoritaire, comme celui de Pinochet, qui doit être jugé par rapport aux circonstances de son exercice.

Ainsi, la clé de compréhension de la citation réside dans le caractère nécessairement transitoire de la dictature, nuance exprimée dans la phrase suivante de l’interview : « Mon impression personnelle est que […] au Chili par exemple, nous assisterons à la transition d’un gouvernement dictatorial vers un gouvernement libéral ».

 

Citation

Romain Treffel, « Hayek et Pinochet », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 13/04/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

Anecdotes