"N'acceptez ni les vérités d'évidence, ni les illusions dangereuses" - Maurice ALLAIS

"Christophe Colomb fut le premier socialiste. Il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait, et ce aux frais du contribuable." - Winston CHURCHILL

"La protection douanière est notre voie, le libre-échange est notre but " - Friedrich LIST

"En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai " - TALLEYRAND

"Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence " - Jacques ATTALI

"L'avarice commence où la pauvreté cesse. " - Honoré de BALZAC

"J'ai déjà croisé le mensonge, le fieffé mensonge. Mais avec le ministère de l'économie, je découvre le stade ultime: la statistique" - Benjamin DISRAELI

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

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La fin de l'innovation et de la croissance économique selon Robert Gordon

27 janvier 2020

En 2012, l’économiste américain Robert Gordon émet la thèse provocatrice selon laquelle il serait devenu très difficile de repousser la frontière technologique, le progrès observé au cours des deux cent cinquante dernières années pouvant bien se révéler être un épisode unique de l’histoire de l’humanité.

Robert Gordon

 Les pays développés rencontrent selon lui quatre obstacles majeurs : la démographie, l’éducation, les inégalités et la dette publique. Sa thèse s’appuie de plus sur le constat historique que la dernière période de forte croissance était consécutive au traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, plutôt que la conséquence d’un cycle d’innovation ou d’un certain type de politique économique. Ainsi, tout comme il n’y a pas eu de croissance avant 1750, il se peut très bien, imagine l’économiste, qu’il n’y en ait plus après 2050 ou 2100.

Son pessimisme résulte d’une analyse des évolutions récentes des facteurs de la croissance. L’obstacle démographique, tout d’abord, réside dans le déclin du taux d’emploi, passé par exemple en France de 66 % en 1975 à 64 % en 2014 alors même que l’emploi féminin a augmenté de plus de moitié. Or, ce taux ne peut progresser sans une croissance plus rapide. Ensuite, l’éducation constitue un obstacle parce que le diplôme n’est plus la garantie d’un emploi à la mesure de l’investissement, tandis que les frais de scolarité et l’endettement des étudiants augmentent dans la plupart des pays (notamment aux États-Unis). L’augmentation des inégalités, très prononcée aux États-Unis (comme l’a montré le travail de Thomas Piketty), est aussi responsable du blocage de la croissance, car elle entraîne une stagnation, voire une baisse de la demande globale. Enfin, la progression inquiétante des dettes publiques ralentit la croissance parce qu’elle se traduit à moyen/long terme par un surcroît de pression fiscale et par une baisse des dépenses publiques, deux effets qui compriment l’investissement et la demande globale.

Ainsi, Robert Gordon rejoint les économistes hétérodoxes qui ne voient pas la crise de 2008 comme un accident conjoncturel, mais comme l’événement déclencheur d’un changement de paradigme. L’économie mondiale devrait désormais connaître des taux de croissance faibles, compris entre 0 et 1 %, tirés par la seule croissance démographique. Leurs adversaires répliquent qu’il existe de grands champs d’innovation potentielle et qu’une innovation de rupture, à l’origine d’un nouvelle cycle de croissance, est par nature imprévisible.

Citation

Romain Treffel, « La fin de l'innovation et de la croissance économique selon Robert Gordon », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 20/01/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

50 Anecdotes