"Vous ne pouvez pas taxer les gens quand ils gagnent de l'argent, quand ils en dépensent, et quand ils épargnent" - Maurice ALLAIS

"Gold is money. Everything else is credit " - J.P. MORGAN

"On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple" - Victor HUGO

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"Un économiste est quelqu'un qui voit fonctionner les choses en pratique et se demande si elles pourraient fonctionner en théorie" - Stephen M. GOLDFELD

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur " - Paul VALERY

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

"Notre économie change jour après jour et, en ce sens, elle est toujours nouvelle" - Alan GREENSPAN

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Laurent Fabius contre les magnétoscopes japonais

28 octobre 2019

Le 22 octobre 1982, le ministre du Budget, Laurent Fabius, signe un arrêté pour contraindre les importateurs à ne plus dédouaner leurs magnétoscopes dans les ports, mais au centre de la France, à Poitiers. De plus, une redevance est prélevée sur les magnétoscopes. 

Laurent Fabius

 Ces deux mesures ont pour but de protéger l’industrie électronique française contre l’afflux des produits japonais (Matsushita, JVC, Toshiba, Hitachi, Mitsubishi, etc.), qui représentent 90 % des magnétoscopes importés. En 1981, il s’en était vendu 260 000, puis 660 000 (soit deux et demi fois plus) en 1982. Au-delà de la dimension juridique de la manoeuvre, les douaniers de Poitiers ont pour consigne d’inspecter chaque carton, retenant ainsi les appareils quatre à cinq mois avant leur vente en magasin.

L’arrêté a un énorme retentissement politique : la presse évoque une nouvelle « bataille de Poitiers », en référence à celle de 732, quand les Francs et les Aquitains avaient arrêté les Sarrazins venant d’Espagne et lance le débat sur le renouveau du protectionnisme à la française. Cette décision était toutefois cohérente avec la première phase du premier septennat de Mitterrand, vouée à la relance par le pouvoir d’achat, avant le fameux tournant de la rigueur de 1983. En effet, le soutien de la demande engendre un déficit de la balance commerciale (plus d’importations que d’exportations), d’où la tentation de contraindre les importations au profit des producteurs nationaux.

La mesure protectionniste semble de prime abord fonctionner, mais la chute des ventes est en fait liée à l’irruption d’un nouveau standard de magnétoscopes ainsi qu’à la baisse du pouvoir d’achat consécutive au plan de rigueur de mars 1983. Tout compte fait, son bilan est plutôt négatif : elle a fait diminuer les recettes de TVA et elle n’a pas favorisé le champion national, Thompson, qui préfère importer ses magnétoscopes. Les industriels n’ont pas profité de la mesure parce qu’ils estimaient que le Japon disposait d’un avantage absolu trop important (faible coût de production, notamment). Le blocage des magnétoscopes est levé un an plus tard par la ministre du Commerce extérieur, Édith Cresson, dans le cadre d’un accord d’autolimitation avec le Japon.

Citation

Romain Treffel, « Laurent Fabius contre les magnétoscopes japonais », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 25/11/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

50 anecdotes