"L'économie c'est la science du sordide, non de la pureté " - Alfred SAUVY

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"La confiance est une institution invisible qui régit le développement économique" - Kenneth ARROW

"La guerre n'est que la simple continuation de la politique par d'autres moyens" - Carl VON CLAUSEWITZ

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"Si la méchanceté des hommes est un argument contre la liberté, elle en est un plus fort encore contre la puissance. Car le despotisme n'est autre chose que la liberté d'un seul ou de quelques-uns contre tous" - Benjamin CONSTANT

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"L’Europe se fera par la monnaie ou ne se fera pas" - Jacques RUEFF

"L'humanité n'est pas sortie de l'âge de pierre parce qu'il n'y avait plus de pierres" - Ahmed Zaki YAMANI

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Laurent Fabius contre les magnétoscopes japonais

28 octobre 2019

Le 22 octobre 1982, le ministre du Budget, Laurent Fabius, signe un arrêté pour contraindre les importateurs à ne plus dédouaner leurs magnétoscopes dans les ports, mais au centre de la France, à Poitiers. De plus, une redevance est prélevée sur les magnétoscopes. 

Laurent Fabius

 Ces deux mesures ont pour but de protéger l’industrie électronique française contre l’afflux des produits japonais (Matsushita, JVC, Toshiba, Hitachi, Mitsubishi, etc.), qui représentent 90 % des magnétoscopes importés. En 1981, il s’en était vendu 260 000, puis 660 000 (soit deux et demi fois plus) en 1982. Au-delà de la dimension juridique de la manoeuvre, les douaniers de Poitiers ont pour consigne d’inspecter chaque carton, retenant ainsi les appareils quatre à cinq mois avant leur vente en magasin.

L’arrêté a un énorme retentissement politique : la presse évoque une nouvelle « bataille de Poitiers », en référence à celle de 732, quand les Francs et les Aquitains avaient arrêté les Sarrazins venant d’Espagne et lance le débat sur le renouveau du protectionnisme à la française. Cette décision était toutefois cohérente avec la première phase du premier septennat de Mitterrand, vouée à la relance par le pouvoir d’achat, avant le fameux tournant de la rigueur de 1983. En effet, le soutien de la demande engendre un déficit de la balance commerciale (plus d’importations que d’exportations), d’où la tentation de contraindre les importations au profit des producteurs nationaux.

La mesure protectionniste semble de prime abord fonctionner, mais la chute des ventes est en fait liée à l’irruption d’un nouveau standard de magnétoscopes ainsi qu’à la baisse du pouvoir d’achat consécutive au plan de rigueur de mars 1983. Tout compte fait, son bilan est plutôt négatif : elle a fait diminuer les recettes de TVA et elle n’a pas favorisé le champion national, Thompson, qui préfère importer ses magnétoscopes. Les industriels n’ont pas profité de la mesure parce qu’ils estimaient que le Japon disposait d’un avantage absolu trop important (faible coût de production, notamment). Le blocage des magnétoscopes est levé un an plus tard par la ministre du Commerce extérieur, Édith Cresson, dans le cadre d’un accord d’autolimitation avec le Japon.

Citation

Romain Treffel, « Laurent Fabius contre les magnétoscopes japonais », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 25/11/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

50 anecdotes