"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"L’économie est fille de la sagesse et d’une raison éclairée : elle sait se refuser le superflu, pour se ménager le nécessaire " - Jean-Baptiste SAY

"En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal" - Nicolas MACHIAVEL

"Le problème avec la réduction des impôts sur le revenu c’est que ça stimule suffisamment l’économie pour que tout le monde rentre dans la tranche supérieure" - Harold COFFIN

"Mes clients sont libres de choisir la couleur de leur voiture à condition qu’ils la veuillent noire" - Henry FORD

"Les communistes sont ceux qui ont lu Marx. Les anti-communistes sont ceux qui l'ont compris " - Ronald REAGAN

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein " - Henry KISSINGER

"Le rituel de l’échange est le rituel majeur de la neutralisation de la violence " - Jacques ATTALI

"Je parle de l’esprit du commerce qui s’empare tôt ou tard de chaque nation et qui est incompatible avec la guerre" - Emmanuel KANT

Citation Suivante

Balzac en faillite

13 janvier 2020

A 25 ans, puisque sa carrière dans les lettres s’annonce mal, Honoré de Balzac veut se faire éditeur. Cette idée lui a été suggérée par un ami de son père qui lui propose aussi de lui avancer des fonds. Le futur grand écrivain français conçoit alors le projet d’imprimer en un seul gros volume les œuvres des grands classiques, à commencer par Molière et La Fontaine. Si les XVIIIe et XIXe siècles privilégient les petits formats, avec l’habitude de diviser les romans en deux ou trois tomes, l’idée d’une édition « compacte » est pour l’heure révolutionnaire. Trop, il faut croire. 

Balzac faillite

 Quoique le résultat esthétique soit satisfaisant, le succès commercial n’est pas au rendez-vous pour deux raisons simples. Tout d’abord, le jeune Balzac n’a pas soigné ses relations avec les libraires, qui n’ont pas confiance en cet inconnu impétueux et inexpérimenté. D’autre part, il n’a pas mesuré combien il était nécessaire de bâtir la notoriété de ses éditions innovantes, négligeant ainsi d’investir dans la publicité – il aurait fallu faire passer des avis dans les journaux. Ses produits sont donc restés inconnus : il n’a vendu qu’une vingtaine d’exemplaires en un an. Ce fiasco le contraint à se défaire du papier luxueux qu’il avait choisi à son poids brut. Les dettes entrent dans la vie de l’écrivain, et elles n’en sortiront plus.

La déroute de l’entrepreneur naïf n’est toutefois pas finie, car, sur le conseil de son prêteur initial, il se lance dans l’imprimerie pour se refaire. Son père et d’autres connaissances acceptent d’investir le nécessaire, notamment pour acquérir le brevet d’imprimeur. Alors que l’affaire démarre péniblement, Balzac se laisse convaincre d’y ajouter une activité de fonderie de caractères. Mais au total, l’entreprise n’est pas moins ruineuse que la précédente. A un certain point, la famille et les prêteurs refusent d’aller plus loin. Le jeune homme est endetté jusqu’au cou, à hauteur de 300 000 euros d’aujourd’hui, et il n’a que sa plume, encore dépourvue de valeur, pour les payer.

Le désir d’une vie matérielle plus facile poussera Balzac à avoir d’autres idées, qui seront autant d’échecs : création d’un journal, aménagement de terres agricoles, mines d’argent en Italie… Seuls ses livres lui apportent le succès, mais ils lui demandent un travail titanesque qui le vide de son énergie et l’endette auprès de sa santé, d’autant plus qu’il produit sous la pression de ses autres créanciers.

Citation

Romain Treffel, « Balzac en faillite », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 14/04/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».