"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"L’économie est fille de la sagesse et d’une raison éclairée : elle sait se refuser le superflu, pour se ménager le nécessaire " - Jean-Baptiste SAY

"La communication d’entreprise est une rare petite période heureuse entre deux communications de crise " - Thierry ORSONI

"Le bon stratège contraint l'ennemi et ne se laisse pas contraindre" - Sun TZU

"La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir" - Paulo CUELHO

"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

"La confiance est une institution invisible qui régit le développement économique" - Kenneth ARROW

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"On n’est jamais mieux gouverné que lorsqu’il n’y a pas de gouvernement" - Jean-Baptiste SAY

"Qui parle sème ; qui écoute récolte " - PYTHAGORE

Citation Suivante

Enjeux et résultats de la visite officielle de François Hollande en Chine

29 avril 2013

François Hollande vient d'achever une visite de 37h heures en Chine. Cette visite est la première d'un chef d'Etat occidental depuis l'intronisation de Xi Jinping en tant que président de la République Populaire de Chine. Le but annoncé côté français était de développer les relations commerciales entre les deux pays. Il apparaît que les résultats économiques de cette visite n'auront pas été à la hauteur des objectifs annoncés.

Un fort potentiel d'échange

Le développement économique et social de la Chine depuis une dizaine d'année révèle un certain nombre de problématiques auxquelles la Chine doit trouver une solution. Il se trouve que beaucoup de ces problématiques font partie du savoir-faire des industriels français. D'ailleurs, le fait que le président de la république française ait emmené avec lui lors de cette visite d'Etat près de 60 chefs d'entreprises n'est pas le fruit du hasard. Le but de cette visite st donc bien de pouvoir améliorer les échanges commerciaux entre les deux pays. Le désir de la France d'améliorer sa balance commerciale (Exportations - Importations) vis-à-vis de la Chine découle du constat que le déficit commercial avec ce pays s'élève actuellement à 26 milliards d'euros, soit 40% du déficit commercial français.

Les besoins de la Chine qui correspondent aux domaines d'expertise de la France sont :

1) une augmentation du nombre de retraités et un vieillissement de la population (industrie pharmaceutique et les connaissances médicales);

2) des problèmes d'intoxication alimentaires et des problèmes sanitaires récurrents (industrie agroalimentaire);

3) un développement urbain important qui nécessite une réflexion sur les infrastructures à mettre en place (industrie du BTP, transport en commun et ferroviaire, etc);

4) une qualité de l'air et de l'eau en diminution du fait de la pollution (industries de développement durable);

5) des besoins énergétiques accrus (industrie nucléaire).  

Une relation économique plus importante pour la France que pour la Chine

Les relations économiques entre les deux pays sont très déséquilibrées. En effet, la France n'a jusqu'à maintenant pas réussi à tirer profit de la forte croissance chinoise. La part de marché de la France en Chine ne représente que 1,33% du marché chinois (contre 5,1% pour l'Allemagne).

La Chine est le deuxième partenaire commercial de la France après l'Allemagne mais ce partenariat est très déséquilibré. Les importations françaises de produits chinois portent essentiellement sur l'électronique et le textile pendant que 30% des exportations françaises sont représentés par les ventes d'avions. Autrement dit, cette hypertrophie du secteur aéronautique souligne la faiblesse de l'importance des autres secteurs.

Les investissements chinois en France sont en augmentation mais demeurent très faible et ne représentent que 700 millions d'euros, soit environ 9'000 emplois.

Des résultats quasiment inexistants

Au terme de moins de deux jours de visite, le bilan économique obtenu par la France semble très maigre. Malgré le souci méticuleux de ne pas parler des sujets qui auraient pu fâcher son hôte (les droits de l'homme et les demandes d'indépendance au Tibet ou au Xinjiang) la France n'aura pas réussi à signer de nouveaux accords commerciaux. Seuls des accords de principe et des accords de coopération ont été signés. Toutefois, il convient en plus de relativiser ces derniers car il s'agit en réalité de l'aboutissement de projets décidés de longue date. De l'avis général des observateurs, ce déplacement a été mal préparé et a été trop court. Afin d'espérer pourvoir réaliser de meilleurs résultats dans l'avenir, la France devrait peut être prendre exemple sur l'Allemagne et Angela Merkel qui prépare systématiquement ses déplacements très en amont et reste sur place au minimum cinq jours. En effet, même si l'Allemagne a des arguments autres que la France à faire valoir, il ne faut jamais oublier qu'avant le fond, la plupart des accords dépendent de la forme.

Citation

Sylvain Fontan, “Enjeux et résultats de la visite officielle de François Hollande en Chine”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 29/04/2013.