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Le Ministre Colbert rabroué par un négociant

14 février 2018

L’écrivain et économiste français Boisguilbert (1646-1714) haïssait Colbert, le célèbre contrôleur général des finances de Louis XIV qui est à l’origine de la doctrine colbertiste. 

Colbert

 Il lui reprochait son mercantilisme, visant à augmenter la quantité d’or détenue par la France et négligeant dès lors l’agriculture, alors que la richesse d’un pays, soutenait Boisguilbert, réside dans sa production et ses échanges. Ainsi, c’est sur cette base théorique qu’il a beaucoup critiqué la gestion de Colbert et de ses successeurs. Il rapporte notamment dans sa Dissertation sur la nature des richesses, de l’argent et des tributs les propos d’un négociant qui, au célèbre ministre lui demandant ce qu’il fallait faire pour rétablir le commerce, a répondu qu’il fallait seulement « que lui [Colbert] et ses semblables ne s’en mêlassent point ». On ne peut que sourire en imaginant cette scène : le tout puissant contrôleur général du Roi-Soleil renvoyé à son impuissance et à la nocivité de son interventionnisme par un simple commerçant !

Boisguilbert cite cette anecdote dans le but de défendre le principe libéral du « laissez faire, laissez passer », grâce auquel on doit obtenir un état d’opulence, c’est-à-dire dans la terminologie moderne un optimum économique. « Il n’est pas question [pour le pouvoir politique] d’agir, écrit-il, il est nécessaire seulement de cesser d’agir avec une très grande violence que l’on fait à la nature, qui tend toujours à la liberté et à la perfection ». Ébranlé par la détresse économique et sociale de la France dans la deuxième partie du règne de Louis XIV, il a donc polémiqué pour persuader les contrôleurs généraux de faire les réformes qu’il estimait nécessaires (notamment un allègement de la fiscalité), en vain.

 

Citation

Romain Treffel, « Le Ministre Colbert rabroué par un négociant », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 08/04/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».