"Quand vous êtes capable, feignez l'incapacité. Quand vous êtes proche, feignez l'éloignement. Quand vous êtes loin feignez la proximité" - Sun TZU

"Les urgences ont toujours été le prétexte sur lequel les protections des libertés individuelles ont été érodé" - Friedrich HAYEK

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes " - BOSSUET

"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions" - Ronald REAGAN

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

"Prenons le cas de Singapour. […] On dirait un miracle économique. Mais le miracle est moins celui de l’inspiration que celui de la transpiration" - Paul KRUGMAN

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Le Ministre Colbert rabroué par un négociant

17 août 2021

L’écrivain et économiste français Boisguilbert (1646-1714) haïssait Colbert, le célèbre contrôleur général des finances de Louis XIV qui est à l’origine de la doctrine colbertiste. 

Colbert

 Il lui reprochait son mercantilisme, visant à augmenter la quantité d’or détenue par la France et négligeant dès lors l’agriculture, alors que la richesse d’un pays, soutenait Boisguilbert, réside dans sa production et ses échanges. Ainsi, c’est sur cette base théorique qu’il a beaucoup critiqué la gestion de Colbert et de ses successeurs. Il rapporte notamment dans sa Dissertation sur la nature des richesses, de l’argent et des tributs les propos d’un négociant qui, au célèbre ministre lui demandant ce qu’il fallait faire pour rétablir le commerce, a répondu qu’il fallait seulement « que lui [Colbert] et ses semblables ne s’en mêlassent point ». On ne peut que sourire en imaginant cette scène : le tout puissant contrôleur général du Roi-Soleil renvoyé à son impuissance et à la nocivité de son interventionnisme par un simple commerçant !

Boisguilbert cite cette anecdote dans le but de défendre le principe libéral du « laissez faire, laissez passer », grâce auquel on doit obtenir un état d’opulence, c’est-à-dire dans la terminologie moderne un optimum économique. « Il n’est pas question [pour le pouvoir politique] d’agir, écrit-il, il est nécessaire seulement de cesser d’agir avec une très grande violence que l’on fait à la nature, qui tend toujours à la liberté et à la perfection ». Ébranlé par la détresse économique et sociale de la France dans la deuxième partie du règne de Louis XIV, il a donc polémiqué pour persuader les contrôleurs généraux de faire les réformes qu’il estimait nécessaires (notamment un allègement de la fiscalité), en vain.

 

Citation

Romain Treffel, « Le Ministre Colbert rabroué par un négociant », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 08/04/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».