"Qui parle sème ; qui écoute récolte " - PYTHAGORE

"Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire. Car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. " - Henry FORD

"En France quand on raisonne économiquement on est soupçonné de conspirer socialement" - Auteur indéterminé

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"Gold is money. Everything else is credit " - J.P. MORGAN

"Je crains le jour où la technologie dépassera nos relations humaines. Le monde aura une génération d'idiots " - Albert EINSTEIN

"A long terme nous serons tous morts" - John Maynard KEYNES

"L’économie est fille de la sagesse et d’une raison éclairée : elle sait se refuser le superflu, pour se ménager le nécessaire " - Jean-Baptiste SAY

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Le prix de la seconde

25 novembre 2019

L’économiste Paul Samuelson avait réfléchi à la perversité de la rémunération de la possession d’une information peu de temps en avance. Il avait imaginé la situation d’une personne capable d’obtenir les données cruciales une seconde avant tous les autres. Si la valeur sociale de ce léger avantage est quasi nulle, le bénéfice privé peut en revanche être très important. Un demi-siècle plus tard, le trading haute fréquence (HFT) illustre cette expérience de pensée. Par Romain Treffel.

Prix de la seconde

 Fin mai 2013, par exemple, l’agence de presse canadienne Thomson Reuters a conclu un contrat d’un million de dollars avec l’université du Michigan pour recevoir son étude de confiance économique cinq minutes avant le reste du monde. L’agence fournit en effet un service intitulé « latence ultrabasse », facturé 2000 dollars par mois, qui permet à ses clients privilégiés d’obtenir certains indices cruciaux deux secondes avant sa sortie publique ! Or, deux secondes constituent une éternité pour le HFT, dont les ordres passent en largement moins d’un millième de seconde. Ainsi, deux mouvements spéculatifs (tout à fait légaux) sont survenus respectivement 0,25 seconde et 0,03 seconde avant la publication de l’indice de l’université !

Le développement du HFT déplace l’enjeu de l’investissement boursier. Cet enjeu est désormais technologique, car le succès dépend de la puissance du matériel informatique, des logiciels, et encore plus simplement, tant les durées en question sont infimes, de la distance entre l’émetteur de l’ordre et le récepteur – les câbles du réseau doivent être les plus courts possibles, les ordinateurs sont même parfois collés aux serveurs des opérateurs boursiers ! Les entreprises du secteur, composées de mathématiciens, de physiciens, d’ingénieurs et d’informaticiens, engrangent des fortunes en écrémant des montants infimes – comme l’avait imaginé Samuelson – au détriment d’acteurs qui n’ont pas leur capacité technologique. Tels des vautours qui surveillent leurs proies avant de plonger sur elles à l’instant idoine, ils n’exécutent qu’une minorité d’ordres, après avoir ferré des opérateurs moins retors. On comprend donc bien en quoi cette évolution est néfaste : elle rompt l’égalité formelle entre acheteurs et vendeurs que permet l’institution d’une bourse.