"Les hommes n'étant pas dotés des mêmes capacités, s'ils sont libres, ils ne sont pas égaux, et s'ils sont égaux, c'est qu'ils ne sont pas libres" - Alexandre SOLJENITSYNE

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"L'impôt tue l'impôt" - Arthur LAFFER

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai " - TALLEYRAND

"La confiance est une institution invisible qui régit le développement économique" - Kenneth ARROW

"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions" - Ronald REAGAN

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

"L'économie mondiale demeure une notion abstraite aussi longtemps que l'on ne possède pas un compte en banque" - Achille CHAVEE

"Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le socialisme, les gens ont davantage de parkings " - Winston CHURCHILL

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Voltaire spéculateur

8 décembre 2021

Contrairement à Rousseau et Diderot, Voltaire était riche. Ne pouvant vivre de sa plume, le plus célèbre des philosophes des lumières n’a pas renoncé pour autant à gagner l’argent de sa liberté. Voulant s’enrichir de toutes ses forces, il emploie des méthodes et il fréquente des personnages qu’il hait pour bâtir sa fortune. Ainsi, il multiplie les opérations légales mais douteuses, s’associe avec des affairistes qui, grâce à leurs connexions politiques, font de très gros profits sur le dos de l’Etat. Par Romain Treffel.

Voltaire

 Ses spéculations permettent au philosophe d’assurer ses dépenses courantes, de financer ses très coûteux voyages à l’étranger, et de figurer dignement dans le monde où il est reçu. Elles ne sont cependant pas dépourvues de risque, si bien que plusieurs ramènent Voltaire dans une situation financière précaire (notamment lors de son exil anglais), l’obligeant par exemple à vendre ses biens de valeur et à quémander des sommes modestes auprès de ses connaissances. Certaines acrobaties financières et manoeuvres suspectes lui font même frôler le scandale public, mais il met toute son énergie et sa mauvaise foi à les étouffer.

Malgré ces péripéties, le spéculateur philosophe n’attend pas la fortune bien longtemps. En 1728 (il a alors 34 ans), il obtient un petit capital en réclamant à la reine les annuités d’une pension qu’elle lui a accordée avant son arrestation. Il choisit alors d’engager cette petite somme dans une sorte d’escroquerie légale, une loterie créée par le ministre des Finances si mal élaborée qu’un groupe de souscripteurs achète tous les numéros de tirage pour une faible mise et empoche une rente mensuel d’un million de livres. L’opération dure un an avant que le ministère se rende compte qu’on dévalise l’Etat. Le ministre perd logiquement sa place, mais Voltaire et ses amis ont gagné une fortune. Toutefois, ce succès ne suffit pas à le mettre à l’abri, estime l’escroc philosophe. Il s’engage donc dans un agiotage mis en oeuvre par le duc de Lorraine en utilisant un prête-nom pour contourner l’obligation d’être sujet du duc. Sa fortune est triplée. Dès lors, il profite des investissements très rémunérateurs que le régime offre à ses sujets les mieux pourvus, notamment dans le commerce colonial. Il deviendra si riche qu’il se permettra d’être le créancier de quelques princes européens.