"Il n'y a que deux possibilités, soit un système dirigé par la discipline impersonnelle du marché, soit un autre dirigé par la volonté de quelques individus; et ceux qui s'acharnent à détruire le 1er contribuent, sciemment ou inconsciemment, à créer le 2nd" - Friedrich HAYEK

"Une société qui ne reconnaît pas que chaque individu à des valeurs qui lui sont propres qu'il est autorisé à suivre, ne peut pas avoir de respect pour la dignité de l'individu et ne peut réellement connaître la liberté" - Friedrich HAYEK

"Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein " - Henry KISSINGER

"Gold is money. Everything else is credit " - J.P. MORGAN

"On attire l'ennemi par la perspective d'un avantage ; on l'écarte par la crainte d'un dommage. " - SUN TZU

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation" - Thomas JEFFERSON

"Chaque génération se doit de payer ses propres dettes. Respecter ce principe éviterait bien des guerres à l'humanité" - Thomas JEFFERSON

"Le changement du monde n’est pas seulement création, progrès, il est d’abord et toujours décomposition, crise " - Alain TOURAINE

"La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques" - Ernest HEMINGWAY

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David Ricardo contre les machines

12 avril 2017

Considéré comme un des pères de l’économie libérale, David Ricardo (1772-1823) a exprimé une vue très inattendue concernant la question de la substitution des machines aux hommes lors de la Révolution industrielle : s'il condamne les luddites et est favorable au progrès, il scandalise ses contemporains en soutenant que la mécanisation a un effet nocif sur l’emploi à court terme. Par Romain Treffel.

D. Ricardo

 Dans le chapitre 31 de ses Principes de l’économie politique et de l’impôt, intitulé « Des machines », le célèbre économiste britannique écrit ainsi que « l'opinion des classes ouvrières sur les machines qu'elles croient fatales à leurs intérêts ne repose pas sur l'erreur et les préjugés, mais sur les principes les plus fermes, les plus nets de l'économie politique ».

Il semble aujourd’hui que Ricardo aurait changé d’avis en cours de route, même si les interprétations se battent encore sur la réalité et l’ampleur de cette volte-face. Son avis sur les effets de la mécanisation est dispersé dans différents écrits, seul le chapitre « Des machines » y est donc spécifiquement consacré. Il aurait été ajouté par la modification de son opinion sur « cette grave matière », même s’il ne reniait pas pour autant ses analyses précédentes. Dans la vision originelle de Ricardo, l'introduction des machines bénéficie ainsi à toutes les classes (propriétaires fonciers, capitalistes, travailleurs) ; seuls les travailleurs n'en retirent qu'un bénéficie limité dans le temps, car les salaires réels augmentés par la baisse des prix liée à la mécanisation vont dans un second temps baisser jusqu’au seuil à partir duquel le travailleur peut nourrir sa famille et lui-même – c’est la loi d’airain des salaires. Contrairement à Malthus, avec lequel il a échangé une abondante correspondance sur le thème, Ricardo ne pense pas que les machines fassent baisser la demande de travail. Puis il change d’avis en comprenant que la mécanisation fait changer la composition du capital : plus de capital technique, moins de capital salarial, d’où une contraction du fonds des salaires (montant que l'entreprise emprunte pour payer ses employés avant de commercer à vendre) à l’origine du chômage.