"Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France " - Maximilien DE BETHUNES, Duc de Sully

"Les investissements d'aujourd'hui sont les profits de demain et les emplois d'après demain" - Helmut SCHMIDT

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque (...). Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés" - Alexis de TOCQUEVILLE

"Je parle de l’esprit du commerce qui s’empare tôt ou tard de chaque nation et qui est incompatible avec la guerre" - Emmanuel KANT

"Il ne peut y avoir de crise la semaine prochaine, mon agenda est déjà plein " - Henry KISSINGER

"Christophe Colomb fut le premier socialiste. Il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait, et ce aux frais du contribuable." - Winston CHURCHILL

"En France quand on raisonne économiquement on est soupçonné de conspirer socialement" - Auteur indéterminé

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"Chaque génération se doit de payer ses propres dettes. Respecter ce principe éviterait bien des guerres à l'humanité" - Thomas JEFFERSON

"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions" - Ronald REAGAN

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David Ricardo contre les machines

12 avril 2017

Considéré comme un des pères de l’économie libérale, David Ricardo (1772-1823) a exprimé une vue très inattendue concernant la question de la substitution des machines aux hommes lors de la Révolution industrielle : s'il condamne les luddites et est favorable au progrès, il scandalise ses contemporains en soutenant que la mécanisation a un effet nocif sur l’emploi à court terme. Par Romain Treffel.

D. Ricardo

 Dans le chapitre 31 de ses Principes de l’économie politique et de l’impôt, intitulé « Des machines », le célèbre économiste britannique écrit ainsi que « l'opinion des classes ouvrières sur les machines qu'elles croient fatales à leurs intérêts ne repose pas sur l'erreur et les préjugés, mais sur les principes les plus fermes, les plus nets de l'économie politique ».

Il semble aujourd’hui que Ricardo aurait changé d’avis en cours de route, même si les interprétations se battent encore sur la réalité et l’ampleur de cette volte-face. Son avis sur les effets de la mécanisation est dispersé dans différents écrits, seul le chapitre « Des machines » y est donc spécifiquement consacré. Il aurait été ajouté par la modification de son opinion sur « cette grave matière », même s’il ne reniait pas pour autant ses analyses précédentes. Dans la vision originelle de Ricardo, l'introduction des machines bénéficie ainsi à toutes les classes (propriétaires fonciers, capitalistes, travailleurs) ; seuls les travailleurs n'en retirent qu'un bénéficie limité dans le temps, car les salaires réels augmentés par la baisse des prix liée à la mécanisation vont dans un second temps baisser jusqu’au seuil à partir duquel le travailleur peut nourrir sa famille et lui-même – c’est la loi d’airain des salaires. Contrairement à Malthus, avec lequel il a échangé une abondante correspondance sur le thème, Ricardo ne pense pas que les machines fassent baisser la demande de travail. Puis il change d’avis en comprenant que la mécanisation fait changer la composition du capital : plus de capital technique, moins de capital salarial, d’où une contraction du fonds des salaires (montant que l'entreprise emprunte pour payer ses employés avant de commercer à vendre) à l’origine du chômage.