"Les bonnes questions ne se satisfont pas de réponses faciles" - Paul SAMUELSON

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque (...). Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés" - Alexis de TOCQUEVILLE

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions" - Ronald REAGAN

"Tout l’art du bon gouvernement consiste à plumer l’oie de façon à obtenir le maximum de plumes avec le minimum de cris" - Jean-Baptiste COLBERT

"L’économie se venge toujours" - Raymond BARRE

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"Il est aussi absurde de parler de démocratie ou d'efficacité économique dans une société communiste que d'évoquer un capitalisme sans argent" - Alexandre ZINOVIEV

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Perspectives d'évolution du Royaume-Uni au sein de l'Europe

24 juin 2014

Le Royaume-Uni a toujours occupé une position originale au sein de l'Union Européenne (UE). La situation géographique et l'Histoire de ce pays expliquent en partie ses positions politiques et économiques actuelles. Au-delà de ces aspects, la place du Royaume-Uni au sein de l'UE devra être éclaircie à l'heure où il est question d'approfondir l'intégration européenne vers davantage de fédéralisme.

Angleterre et UE

 Analyse initialement publiée le 6 Septembre 2013

Un contexte tendu

Le Royaume-Uni a refusé de de signer le traité budgétaire européen. En effet, le premier ministre britannique, David Cameron, n'a pas souhaité participer au projet qui renforçait la solidarité et la discipline budgétaire au sein de l'Union Européenne. Un des arguments mis en avant pour expliquer sa position a été de dire que le Royaume-Uni n'avait pas obtenu suffisamment de garanties sur la protection des intérêts de la finance britannique, communément appelée la City. En se dissociant du reste de l'UE il a donné satisfaction aux eurosceptiques dans son pays, déçu les pro-européens qui sont encore actifs sur la scène politique britannique, mais il a surtout posé très clairement la question de l'avenir du Royaume-Uni au sein de la construction européenne. L'émergence de la crise européenne a accentué les critiques quant aux bienfaits de l'UE et de la Zone Euro. En effet, l'idée d'un fédéralisme vers lequel l'Europe semble s'orienter est un thème répulsif outre-Manche.

Une position politique compliquée

La crise qui touche l'UE a accentué l'impopularité de cette dernière au Royaume-Uni. L'euroscepticisme qui touche ce pays est devenu très visible dans les années 1990 sous l'influence des années de Margaret Thatcher. Le taux d'opinion positive à l'égard de l'UE et de l'Euro est actuellement inférieur à 30%. Les difficultés rencontrées par l'UE, et surtout par les pays qui ont fait le choix de la monnaie unique sont venues renforcer ce sentiment de défiance.

Bien que Premier Ministre, la position politique de David Cameron reste fragile. En effet, il a été élu à la tête du Parti conservateur (droite anglaise) en décembre 2005. Toutefois, il n'a pas réussi à faire remporter à son parti la majorité absolue lors des législatives de 2010. Dès lors, il a dû former une coalition (centre gauche et libéraux-démocrates) qui a de fait affaibli son leadership. Malgré des déclarations initialement favorables à l'Europe, il se trouve que son parti est profondément eurosceptique. A ce titre d'ailleurs, une grande partie de ses députés ont réclamé l'organisation d'un référendum sur le maintien, ou non, dans l'Union du Royaume-Uni. Depuis cette période, la pression n'a cessé de s'exercer sur le Premier Ministre dont certains jugent qu'il ne défend pas suffisamment bien les intérêts britanniques en Europe.

Son parti est menacé par le renforcement d'un parti eurosceptique. Comme son nom l'indique l'UKIP (United Kingdom Independence Party) prône le retrait de l'UE et réalise de bons sondages (environ 10%)  en empiétant sur l'électorat conservateur dont est issu David Cameron. La montée en puissance de ce parti pourrait aggraver une situation politique interne dans laquelle le chef du gouvernement est affaibli par la crise économique qui voit le parti d'opposition (le Parti travailliste - gauche britannique) dominer dans les sondages.

Par conséquent, David Cameron en arrive à défendre des positions parfois contradictoires. Par exemple, d'un côté, il a fortement œuvré, contre l'avis des eurosceptiques, pour que les membres de la Zone Euro prennent des mesures susceptibles de résoudre la crise des dettes souveraines issues de la crise globale, et de l'autre côté, il refuse de participer aux aides financières accordées au pays de la Zone Euro.

Plusieurs scenarii envisageables

Le Royaume-Uni n'accepte pas un certain nombre d'éléments visant à éviter de nouvelles crises. En effet, le pays refuse de mettre ses banques sous la supervision de la BCE (Banque Centrale Européenne) contrairement au projet d'Union Bancaire, ni de placer sa politique budgétaire sous supervision. Les différentes positions du Royaume-Uni sont issues de considérations politiques et de souveraineté qui émergent dans des débats vifs outre-Manche.

Dans ce cadre, plusieurs solutions semblent pourvoir être soulignées :

1) Vision eurosceptique. L'approfondissement de la construction européenne accréditerait l'idée selon laquelle le Royaume-Uni doit quitter l'Union mais doit négocier un partenariat visant à continuer de profiter du marché commun comme le fait un pays tel que la Norvège. En somme, cela consisterait à intégrer une zone de libre-échange sans avoir à subir les contraintes réglementaires et des politiques jugées délétères (ex : Politique Agricole Commune, la Politique Sociale...). Le revers de la médaille serait que le Royaume-Uni perdrait de facto toutes capacités d'influence sur les décisions prises par l'Europe, alors même que ces décisions affecteraient nécessairement le pays.

2) Alternative dedans/dehors. Rester dans l'Union pour profiter des négociations qui auront lieu dans l'éventualité d'un futur traité sur l'union économique pour obtenir de meilleures conditions, et notamment la renationalisation de certaines politiques. Dans les faits, cela induirait que l'UE fonctionne à plusieurs vitesses, avec des pays plus ou moins intégrés. il y aurait alors un "noyau dur" de pays, et autour, des pays membres qui pourraient choisir de participer ou non à certaines politiques.

3) Sortie de l'UE. Même si aucun grand parti ne le souhaite vraiment, car conscients de l'intérêt du pays et des conséquences économiques, il se peut néanmoins que par effet de surenchère politique partisane, la proposition d'un référendum pourrait se traduire par  un retrait pur et simple de l'UE.

4) Vision "europhile". Elle consisterait à revenir dans le jeu européen de plein pied pour défendre les intérêts britanniques que sont la libéralisation des services dans le marché unique (et notamment des services financiers), la réforme du budget européen, la politique énergétique, la politique étrangère, l'immigration et la sécurité commune. Toutefois, cette solution impliquerait que les dirigeants politiques britanniques aient le courage de présenter à leur population que l'intérêt national ne réside pas dans un retrait de l'UE, ni même dans un statu intermédiaire, allant ainsi pour partie à l'encontre des discours prônés jusque-là.

Citation

Sylvain Fontan, “Perspectives d'évolution du Royaume-Uni au sein de l'Europe”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 06/09/2013.