"Moins le risque est grand, plus les spéculateurs fuient" - Maurice ALLAIS

"En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai " - TALLEYRAND

"Si vous m'avez compris c'est que je me suis mal exprimé" - Alan GREENSPAN

"Il y a deux manières de conquérir et d'asservir une nation, l'une est par les armes, l'autre par la dette." - John ADAMS

"Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et avec les couleurs de la justice." - MONTESQUIEU

"Qui parle sème ; qui écoute récolte " - PYTHAGORE

"L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare " - Maurice BLONDEL

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"Hélas! Qu'y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l'impôt ?" - Benjamin FRANKLIN

"A long terme nous serons tous morts" - John Maynard KEYNES

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La "médiocrité" d'Adam Smith

4 octobre 2017

Le père de l’économie libérale était paradoxalement un « personnage » sans éclat. Il incarne parfaitement le stéréotype du penseur solitaire et anti charismatique. La fragilité de sa constitution, sa prédisposition pour l’étude et son amour de la solitude ont eu pour effet d’alourdir les punitions gratuites du sort : la laideur, le bégaiement, la fadeur du tempérament. Par Romain Treffel.

Adam Smith

 Professeur de logique puis de philosophie morale à l’université de Glasgow, il n’était pas un professeur brillant susceptible de provoquer l’admiration de ses élèves : « Ce n’est pas qu’Adam Smith fût un homme éloquent et capable d’exciter au sein d’un auditoire ces émotions puissantes qui produisent l’enthousiasme : sa diction lente et vulgaire n’avait que le mérite de la clarté ». Cette diction maladroite ainsi que de fréquents hochements de tête (probablement un trouble obsessionnel compulsif dans la terminologie moderne) dérivaient d’une maladie nerveuse dont le célèbre économiste a souffert tout au long de sa vie.

Ces particularités participaient toutefois d’une excentricité générale qui relevait le tempérament de l’homme. En penseur du courant des Lumières, celui-ci exprimait une certaine indépendance d’esprit, notamment à l’égard de la religion : il est critiqué par le corps enseignant de l’université pour ses sourires ironiques pendant les services religieux. Il est également transgressif sur les plans économique et politique dans la mesure où il défend la liberté économique à une époque où règnent l’esprit de monopole et le protectionnisme. Il est à l’aise avec les mondanités : il écume avec son ami David Hume les cercles intellectuels – il a fréquenté, à Paris, les principaux chefs de l’école physiocrate – et joue au whist le soir. Ses manières et son allure compensent son apparence repoussante et lui confèrent un certain charme qui lui vaut d’être tout de même apprécié de ses étudiants, voire imité.