"Moins le risque est grand, plus les spéculateurs fuient" - Maurice ALLAIS

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles" - Alec DOUGLAS-HOME

"Tout chômage quelconque a uniquement sa cause dans le fait que des changements dans les conditions de la demande ont lieu sans cesse, et que les résistances de frictions empêchent que l’ajustement des salaires appropriés ne s’effectue instantanément" - Arthur Cecil PIGOU

"Prenons le cas de Singapour. […] On dirait un miracle économique. Mais le miracle est moins celui de l’inspiration que celui de la transpiration" - Paul KRUGMAN

"Le gouvernement ayant pris ainsi la place de la Providence, il est naturel que chacun l'invoque (...). Aussi rencontre-t-on un nombre immense de requêtes qui, se fondant toujours sur l'intérêt public, n'ont trait néanmoins qu'à de petits intérêts privés" - Alexis de TOCQUEVILLE

"Le changement du monde n’est pas seulement création, progrès, il est d’abord et toujours décomposition, crise " - Alain TOURAINE

"En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal" - Nicolas MACHIAVEL

"Le socialisme est une philosophie de l'échec, le crédo de l'ignorance et l'évangile de l'envie " - Winston CHURCHILL

"Les bonnes questions ne se satisfont pas de réponses faciles" - Paul SAMUELSON

Citation Suivante

La main invisible (presque) introuvable d'Adam Smith

20 septembre 2017

L’expression si célèbre, maintes et maintes fois reprises, de « main invisible » occupe en réalité une place très modeste dans l’oeuvre d’Adam Smith. En effet, elle n’y apparaît qu’à trois reprises : une seule fois dans son Histoire de l’astronomie, une seule fois dans sa Théorie des sentiments moraux, et enfin une seule fois dans l’ouvrage le plus connu, La richesse des nations, au livre IV, dans un passage traitant des qualités du chef d’entreprise : celui-ci, écrit Smith, « est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions ». Dès lors surgissent deux problèmes : 1° la « main invisible » a-t-elle le même sens dans les trois ouvrages ? 2° comment expliquer la disproportion entre son occurrence réelle et sa postérité ? Par Romain Treffel.

La main invisible

 1) Le professeur d’économie de Chicago William D. Grampp affirme que Smith a donné à l’expression trois significations différentes, chacune propre à l’ouvrage dans lequel l’expression apparaît. Dans l’Histoire de l’astronomie, la « main invisible de Jupiter » est l’instrument du créateur de la nature qui gouverne la machine de l’univers. Dans la Théorie des sentiments moraux, la « main invisible » est la composante de l’ordre naturel qui harmonise les comportements. Enfin, dans la Richesse des nations, l’expression désignerait l’harmonisation naturelle des intérêts, ce qui est l’interprétation la plus répandue.

2) Une minorité de lecteurs critiques juge que la « main invisible » est en réalité d’une importance marginale au regard de la totalité de l’oeuvre d’Adam Smith. Ainsi, elle serait pour certains une métaphore purement rhétorique ; pour d’autres, elle aurait même une fonction ironique visant à moquer les individus qui croient en l’action, sur les hommes, d’un principe supérieur et transcendant. Le concept majeur d’Adam Smith serait plutôt la division du travail, traitée dans les chapitres I et II de la Richesse des nations.