"On a voulu, à tort, faire de la bourgeoisie une classe. La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple" - Victor HUGO

"La seule fonction de la prévision économique, c’est de rendre l’astrologie respectable " - GALBRAITH

"Tous les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes souvent morts depuis longtemps et dont ils ignorent le nom " - John Maynard KEYNES

"Le socialisme est une philosophie de l'échec, le crédo de l'ignorance et l'évangile de l'envie " - Winston CHURCHILL

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"Les crises de demain sont souvent le refus des questions d’aujourd’hui " - Patrick LAGADEC

"Le problème avec la réduction des impôts sur le revenu c’est que ça stimule suffisamment l’économie pour que tout le monde rentre dans la tranche supérieure" - Harold COFFIN

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique" - Georges BERNANOS

"L'étonnante tâche des sciences économiques est de démontrer aux hommes combien en réalité ils en savent peu sur ce qu'ils s'imaginent pouvoir modeler" - Friedrich HAYEK

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Qui a lu la richesse des nations ?

6 septembre 2017

Les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) constituent l’ouvrage le plus célèbre d’Adam Smith. Considéré comme le premier livre moderne d’économie, celui-ci est étudié dans tout manuel d’économie qui se respecte et il est régulièrement cité dans les dissertations. Pourtant, il est une plaisanterie chère aux économistes : l’homme qui a lu (entièrement) La richesse des nations, disent-ils, n’est pas encore né ! Par Romain Treffel.

Richesse des nations

 En effet, l’ouvrage très épais (deux tomes de 600 pages, en français) pêche par verbosité, à quoi il faut ajouter une absence de séduction dans la forme. On peut consulter sur ce point, l’avis exprimé dans la notice biographique rédigée par l’économiste français Adolphe Blanqui : « […] il manque de méthode, d’ordre et de composition. La lecture en est difficile et fatigante au premier abord ; […] Smith se répète quelquefois ; plus souvent il s’oublie et paraît s’égarer ; […] Quiconque est assez curieux pour le suivre, ne fût-ce qu’un moment, se sent entraîné dans sa course opiniâtre et sévère, comme elle des cylindres de nos industries, où tout le corps doit passer pour peu qu’on y engage le petit doigt ».

Ces défauts évidents de l’ouvrage célèbre ne se retrouvent néanmoins pas immédiatement dans les chapitres I et II : quoi qu’affligés de redondances et lourds d’exemples profus, ceux-ci ont le mérite de la clarté. Ainsi sont-ils les plus lus et les plus connus de la Recherche (serait-ce parce qu’ils sont les deux premiers ?). Pour sa part, Keynes n’a pas semblé ennuyé par les innombrables digressions du père écossais de l’économie politique : ayant lu l’oeuvre monumentale dans sa cabine pendant une croisière, il l’aurait trouvée admirable. Doit-on le croire ?