"Le budget est le squelette de l'État débarrassé de toute idéologie trompeuse" - Joseph SCHUMPETER

"L'étonnante tâche des sciences économiques est de démontrer aux hommes combien en réalité ils en savent peu sur ce qu'ils s'imaginent pouvoir modeler" - Friedrich HAYEK

"Chaque génération se doit de payer ses propres dettes. Respecter ce principe éviterait bien des guerres à l'humanité" - Thomas JEFFERSON

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"Les hommes ne voient la nécessité que dans la crise " - Jean MONNET

"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur " - Paul VALERY

"Je parle de l’esprit du commerce qui s’empare tôt ou tard de chaque nation et qui est incompatible avec la guerre" - Emmanuel KANT

"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment " - Cardinal de REITZ

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Qui a lu la richesse des nations ?

6 septembre 2017

Les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) constituent l’ouvrage le plus célèbre d’Adam Smith. Considéré comme le premier livre moderne d’économie, celui-ci est étudié dans tout manuel d’économie qui se respecte et il est régulièrement cité dans les dissertations. Pourtant, il est une plaisanterie chère aux économistes : l’homme qui a lu (entièrement) La richesse des nations, disent-ils, n’est pas encore né ! Par Romain Treffel.

Richesse des nations

 En effet, l’ouvrage très épais (deux tomes de 600 pages, en français) pêche par verbosité, à quoi il faut ajouter une absence de séduction dans la forme. On peut consulter sur ce point, l’avis exprimé dans la notice biographique rédigée par l’économiste français Adolphe Blanqui : « […] il manque de méthode, d’ordre et de composition. La lecture en est difficile et fatigante au premier abord ; […] Smith se répète quelquefois ; plus souvent il s’oublie et paraît s’égarer ; […] Quiconque est assez curieux pour le suivre, ne fût-ce qu’un moment, se sent entraîné dans sa course opiniâtre et sévère, comme elle des cylindres de nos industries, où tout le corps doit passer pour peu qu’on y engage le petit doigt ».

Ces défauts évidents de l’ouvrage célèbre ne se retrouvent néanmoins pas immédiatement dans les chapitres I et II : quoi qu’affligés de redondances et lourds d’exemples profus, ceux-ci ont le mérite de la clarté. Ainsi sont-ils les plus lus et les plus connus de la Recherche (serait-ce parce qu’ils sont les deux premiers ?). Pour sa part, Keynes n’a pas semblé ennuyé par les innombrables digressions du père écossais de l’économie politique : ayant lu l’oeuvre monumentale dans sa cabine pendant une croisière, il l’aurait trouvée admirable. Doit-on le croire ?