"Un problème politique est un problème économique sans solution" - Georges ELGOZY

"Une démocratie peut se rétablir rapidement d'un désastre matériel ou économique, mais quand ses convictions morales faiblissent, il devient facile pour les démagogues et les charlatans de prêcher. Alors tyrannie et oppression passent à l'ordre du jour" - James William FULLBRIGH

"Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation" - Thomas JEFFERSON

"L'inégalité est le résultat de la compétition entre technologies et éducation" - Jan TINBERGEN

"Le bon stratège contraint l'ennemi et ne se laisse pas contraindre" - Sun TZU

"On n’est jamais mieux gouverné que lorsqu’il n’y a pas de gouvernement" - Jean-Baptiste SAY

"Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes " - BOSSUET

"Si vous m'avez compris c'est que je me suis mal exprimé" - Alan GREENSPAN

"Christophe Colomb fut le premier socialiste. Il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait, et ce aux frais du contribuable." - Winston CHURCHILL

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

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Schumpeter a prédit la fin du capitalisme

17 novembre 2021

Passé à la postérité pour sa mise en lumière du processus de « destruction créatrice » à l’origine de la croissance économique, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter a été rendu très pessimiste par l’histoire européenne des années 1930. A l’instar d’autres commentateurs très intelligents de la vie économique de son époque, il en est venu à voir dans la stagnation la perspective naturelle du capitalisme. Constatant en effet que la concurrence a tendance à s'autodétruire, il pense l'apparition des monopoles comme le moyen de prolonger la dynamique de l'entrepreneur. En conséquence de quoi il prédit dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942) l'avènement de l'économie planifiée, l'entrepreneur étant appelé à être supplanté par le planificateur comme élément moteur de la société. Par Romain Treffel.

Schumpeter

 Le raisonnement qui sous-tend cette prédiction tourne autour de la figure tutélaire (pour Schumpeter) de l’entrepreneur : celui-ci est, d’un point de vue sociologique, le champion de la bourgeoisie. S’il ne constitue pas nécessairement un élément de cette couche dès le début de sa carrière, il ne s’y agrège pas moins en cas de succès. La classe bourgeoise l’absorbe lui, sa famille et ses parents ; du même coup, elle se recrute et se revivifie constamment. Économiquement et sociologiquement, directement et indirectement, elle ne survit qu’en lui et par lui ; sans les qualités de cette personnalité supérieure, telles que l’énergie, la volonté, l’inventivité, la combativité etc. – qualités paradoxalement en conflit avec les priorités de la classe bourgeoise que sont le confort et la sécurité, soit l’absence de tensions – le combat de classe serait perdu. Ainsi, la disparition de l’entrepreneur avec celle de la concurrence doit signifier la fin du capitalisme.

La prophétie ratée de Schumpeter s’explique également par son contexte historique. Les performances économiques de l’URSS étaient alors impressionnantes : dans l’entre-deux-guerres, le taux de croissance de l’économie soviétique a dépassé celui de tous les autres pays (sauf le Japon) ; de 1945 à 1960, le « camp socialiste » a enregistré une croissance (officiellement...) bien supérieure à celle de l’Ouest, si bien que nombre d’observateurs tenaient le socialisme pour voué à dépasser le capitalisme.