"Casser l’inflation se fait toujours au détriment de l’emploi" - Nicholas KALDOR

"L’Europe se fera par la monnaie ou ne se fera pas" - Jacques RUEFF

"Un économiste est quelqu’un qui expose l’évidence en termes incompréhensibles" - Alfred KNOPFT

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"On n’est jamais mieux gouverné que lorsqu’il n’y a pas de gouvernement" - Jean-Baptiste SAY

"Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le socialisme, les gens ont davantage de parkings " - Winston CHURCHILL

"Tous les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes souvent morts depuis longtemps et dont ils ignorent le nom " - John Maynard KEYNES

"On appelle progrès technique une capacité d’action de plus en plus efficace que l’homme acquiert par l’effort intellectuel sur les éléments matériels" - Jean FOURASTIE

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"L'offre créée sa propre demande" - Jean-Baptiste SAY

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L'Atlantide des entrepreneurs

15 mars 2017

En 1957, Ayn Rand publie son roman La Grève aux États-Unis. Il rencontre très vite un succès énorme, intégrant dès le troisième jour la liste des bestsellers du New York Times, où il demeure cinq mois et demi consécutifs. Cinquante ans plus tard, il fait partie des livres les plus influents outre-Atlantique, juste derrière la Bible. En effet, sa teneur philosophique est très prononcée, car l’auteur l’a explicitement écrit dans le but de propager sa vision du monde et sa dénonciation de la société américaine de l’époque. La romancière veut ouvrir les yeux de ses lecteurs sur la progression rampante de l’étatisation de la société et sur la menace que cela représente pour la liberté individuelle. 

La grêve de Ayn Rand.jpg

 

Ainsi, elle narre l’aventure d’un entrepreneur de chemins de fer, Dagny Taggart, qui se fait mettre des bâtons dans les roues par l’autorité publique. Cette héroïne qui se débat avec la pieuvre étatique en vient à faire alliance avec son fournisseur de métal autrefois peu accommodant, Hank Rearden, le stéréotype de l’industriel protestant ascétique. Leurs péripéties s’inscrivent dans un contexte mystérieux : les entrepreneurs et les grands patrons disparaissent les uns après les autres, laissant leurs firmes et leurs employés à l’abandon. L’un deux, Francisco D’Anconia, l’ami d’enfance de Dagny, a de plus un comportement incompréhensible qui confine au sabotage de l’entreprise familiale qu’il a pourtant reprise et menée avec beaucoup de succès. Enfin, un nom ne cesse de circuler sur toutes les lèvres, sans que personne ne sache qui il désigne ni pourquoi : « Qui est John Galt ? ». Cet homme énigmatique est en fait l’initiateur d’un mouvement de résistance passive des entrepreneurs, lesquels ont reconstitué une Atlantide où ils peuvent vivre selon leurs principes en attendant que l’État et les citoyens prennent conscience de leur dépendance à leur égard.

Le roman de près de 1200 pages est donc une vibrante accusation contre l’idéologie socialiste qui, selon l’auteur, mène la société américaine tout droit à la ruine parce qu’elle empêche les talents de s’exprimer et détériore le fonctionnement de l’économie. Il est donc plein de descriptions réalistes de la déchéance d’une économie capitaliste dynamique vers une économie de type soviétique où les opérations les plus simples peuvent échouer en l’absence de liberté d’initiative et de responsabilité individuelle. Au point de rupture, John Galt se révèle au monde par un long discours radiophonique à rendre jaloux Fidel Castro, où il insère en conclusion un serment de fidélité à l’individualisme : « Je jure, sur ma vie et sur l'amour que j'ai pour elle [Dagny], de ne jamais vivre pour les autres ni demander aux autres de vivre pour moi ».

 

 

Citation

Romain Treffel, « L'Atlantide des entrepreneurs », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 15/03/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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