"Je parle de l’esprit du commerce qui s’empare tôt ou tard de chaque nation et qui est incompatible avec la guerre" - Emmanuel KANT

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"Un économiste est quelqu’un qui expose l’évidence en termes incompréhensibles" - Alfred KNOPFT

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

"En France quand on raisonne économiquement on est soupçonné de conspirer socialement" - Auteur indéterminé

"La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir" - Paulo CUELHO

"Dans ce monde complexe où l’information n’a jamais été aussi abondante, nous devons développer l’intelligence économique " - Jean ARTHUIS

"Les crises de demain sont souvent le refus des questions d’aujourd’hui " - Patrick LAGADEC

"A long terme nous serons tous morts" - John Maynard KEYNES

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La naissance de la règle des 3% de déficit de Maastricht

7 septembre 2016

Depuis la crise de 2008, la France n’a jamais connu un déficit public inférieur à 3 %, ce qui lui vaut les remontrances de la Commission européenne. Ce seuil fatidique des 3 % sert notamment de référence pour les prévisions macroéconomiques et tous les calculs de réduction de la dépense publique. Il fait partie des critères dits « de Maastricht », devenus les « critères de convergence », qui doivent être respectés à la fois par les pays membres de l’Union européenne candidats à l’entrée dans la zone euro, et par les pays membres (sous peine d’avertissements, puis de sanctions).

 

Maastricht

 

Très étonnamment, il n’est pas né d’une réflexion économique théorique poussée, mais il a été imaginé par trois hauts fonctionnaires français (Guy Abeille, Pierre Bilger et Roland de Villepin) sur un coin de table afin de fournir au président Mitterrand une règle facile qu’il puisse opposer aux ministres qui lui demandent des fonds. Il est devenu par la suite un des cinq critères de convergence de Maastricht à cause de phénomènes de change (augmentation des écarts de taux) qui ont requis une convergence économique des pays candidats à l’adoption de la monnaie unique.

En 1990, un groupe de travail européen animé par Jean-Claude Trichet (futur président de la BCE) le reprend ainsi en constatant qu’il correspond à la fois au niveau d’investissement public par rapport au PIB et à la moyenne des déficits publics de l’époque. Mais ce seuil symbolique des 3 % possède aussi une explication technique relativement simple qui lui confère une cohérence économique. En effet, combiné au critère de convergence de dette publique (ratio dette/PIB de 60 % maximum) et avec comme objectif que le déficit équivaille à l’intérêt de la dette (1) (à un taux estimé à 5 %), alors le déficit doit être égal à 0,6 x 0,05 = 0,03 c’est-à-dire 3 % du PIB. 

(1) C’est-à-dire que les services de l’Etat sont intégralement financés par l’impôt, l’intérêt de la dette par le déficit.

 

Citation

Romain Treffel, « La naissance de la règle des 3% de Maastricht », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 09/07/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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