"L'offre créée sa propre demande" - Jean-Baptiste SAY

"Quand un économiste vous répond, on ne comprend plus ce qu’on lui avait demandé " - André GIDE

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France " - Maximilien DE BETHUNES, Duc de Sully

"Dans ce monde complexe où l’information n’a jamais été aussi abondante, nous devons développer l’intelligence économique " - Jean ARTHUIS

"L’économie est fille de la sagesse et d’une raison éclairée : elle sait se refuser le superflu, pour se ménager le nécessaire " - Jean-Baptiste SAY

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur " - Paul VALERY

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L'expérience de la crèche de Haïfa en Israël

10 mars 2022

Tiré du bestseller Freakonomics (2005) coécrit par Steven Levitt et Stephen J. Dubner, l’expérience économique connue sous le nom de « la crèche de Haïfa » montre que la contrainte la plus efficace n’est pas forcément pécuniaire. 

Crèche Haïfa

 Dans la crèche israélienne en question, le personnel se plaint de ce que certains parents se présentent en retard le soir. La première réaction du maire est de publier un court texte, une invocation morale appelant les parents à respecter leur engagement de ponctualité. Par conséquent, les retards diminuent ; mais certains parents, toujours les mêmes, ne modifient aucunement leur comportement, ce qui irrite considérablement les employés de la crèche. Le maire décide alors de passer à une mesure plus sévère : il veut « taper au porte-monnaie » en instituant un système de pénalité en fonction de la durée du retard. Résultat ? Les retards deviennent plus nombreux et plus longs, les parents préférant s’acquitter de l’amende et venir vers 20h. Ainsi, la mesure prise par le maire produit l’effet contraire de celui escompté.

Comment expliquer cette conséquence contre-intuitive ? L’institution d’un barème d’amende a transformé la valeur morale de l’absence de ponctualité – par exemple concrétisée dans l’hostilité du personnel de la crèche, voire de la communauté des parents – en une valeur économique. Dès lors, les parents retardataires ont réévalué la nature profonde de leur comportement, estimant désormais payer pour un service supplémentaire. Selon la loi de l’offre et de la demande, la mesure est inefficace parce que le prix de l’amende est trop bas : il serait nécessaire de le relever jusqu’à annihiler la demande. Cependant, les parents ne comprendraient pas un niveau d’amende excessivement élevé, disproportionné par rapport au comportement reproché. La conclusion est que c’est la contrainte morale qui est en l’occurrence la plus efficace : la solution au problème réside dans la prise de conscience des parents. C’est pourquoi le maire a supprimé les pénalités, ramenant ainsi les retards à un niveau inférieur.

Citation

Romain Treffel, « L'expérience de la crèche de Haïfa en Israël », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 03/02/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

50 Anecdotes