"Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence" - Frédéric BASTIAT

"Les bonnes questions ne se satisfont pas de réponses faciles" - Paul SAMUELSON

"Moins le risque est grand, plus les spéculateurs fuient" - Maurice ALLAIS

"La politique n'agit sur l'économie que si elle ne prétend pas le faire " - Jacques ATTALI

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"L’inflation est toujours un phénomène monétaire" - Milton FRIEDMAN

"Dans une crise, la seule chose prévisible, c’est l’incertitude qui suit " - Isabelle LUSCHEVICI

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles " - Bill GATES

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Laurent Fabius contre les magnétoscopes japonais

25 avril 2022

Le 22 octobre 1982, le ministre du Budget, Laurent Fabius, signe un arrêté pour contraindre les importateurs à ne plus dédouaner leurs magnétoscopes dans les ports, mais au centre de la France, à Poitiers. De plus, une redevance est prélevée sur les magnétoscopes. 

Laurent Fabius

 Ces deux mesures ont pour but de protéger l’industrie électronique française contre l’afflux des produits japonais (Matsushita, JVC, Toshiba, Hitachi, Mitsubishi, etc.), qui représentent 90 % des magnétoscopes importés. En 1981, il s’en était vendu 260 000, puis 660 000 (soit deux et demi fois plus) en 1982. Au-delà de la dimension juridique de la manoeuvre, les douaniers de Poitiers ont pour consigne d’inspecter chaque carton, retenant ainsi les appareils quatre à cinq mois avant leur vente en magasin.

L’arrêté a un énorme retentissement politique : la presse évoque une nouvelle « bataille de Poitiers », en référence à celle de 732, quand les Francs et les Aquitains avaient arrêté les Sarrazins venant d’Espagne et lance le débat sur le renouveau du protectionnisme à la française. Cette décision était toutefois cohérente avec la première phase du premier septennat de Mitterrand, vouée à la relance par le pouvoir d’achat, avant le fameux tournant de la rigueur de 1983. En effet, le soutien de la demande engendre un déficit de la balance commerciale (plus d’importations que d’exportations), d’où la tentation de contraindre les importations au profit des producteurs nationaux.

La mesure protectionniste semble de prime abord fonctionner, mais la chute des ventes est en fait liée à l’irruption d’un nouveau standard de magnétoscopes ainsi qu’à la baisse du pouvoir d’achat consécutive au plan de rigueur de mars 1983. Tout compte fait, son bilan est plutôt négatif : elle a fait diminuer les recettes de TVA et elle n’a pas favorisé le champion national, Thompson, qui préfère importer ses magnétoscopes. Les industriels n’ont pas profité de la mesure parce qu’ils estimaient que le Japon disposait d’un avantage absolu trop important (faible coût de production, notamment). Le blocage des magnétoscopes est levé un an plus tard par la ministre du Commerce extérieur, Édith Cresson, dans le cadre d’un accord d’autolimitation avec le Japon.

Citation

Romain Treffel, « Laurent Fabius contre les magnétoscopes japonais », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 25/11/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

50 anecdotes