"Casser l’inflation se fait toujours au détriment de l’emploi" - Nicholas KALDOR

"Mes clients sont libres de choisir la couleur de leur voiture à condition qu’ils la veuillent noire" - Henry FORD

"Quand un économiste vous répond, on ne comprend plus ce qu’on lui avait demandé " - André GIDE

"Dans une crise, la seule chose prévisible, c’est l’incertitude qui suit " - Isabelle LUSCHEVICI

"Les urgences ont toujours été le prétexte sur lequel les protections des libertés individuelles ont été érodé" - Friedrich HAYEK

"Les crises de demain sont souvent le refus des questions d’aujourd’hui " - Patrick LAGADEC

"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"N'acceptez ni les vérités d'évidence, ni les illusions dangereuses" - Maurice ALLAIS

"Hélas! Qu'y a-t-il de certain dans ce monde, hormis la mort et l'impôt ?" - Benjamin FRANKLIN

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

Citation Suivante

Le délit d'initié du 11 Septembre 2001

12 mai 2015

De troublantes spéculations financières ont précédé la tragédie du 11 septembre 2001. 

11 Septembre 2001

 Sur le Chicago Board Options Exchange, où sont regroupées les actions de 1400 grandes entreprises, 4 744 options à la vente d’actions de United Airlines sont achetées entre le 6 et le 7 septembre 2001, contre seulement 396 acquises à l’achat (douze fois moins) ; 4 516 options d’American Airlines sont également acquises, contre 748 à l’achat (six fois moins). Ces niveaux sont vingt-cinq fois supérieurs à la moyenne des transactions opérées habituellement sur les deux compagnies aériennes, alors qu’aucune information ne justifiait une telle démultiplication des échanges. A la réouverture du marché américain le 17 septembre, l’action United a chuté de 42 % et l’action American Airlines de 39 % : le gain réalisé est au moins de quatre millions de dollars. Les analyses conduites sur ces opérations concluent sans ambigüité à un délit d’initié : le timing est trop parfait et la transaction est à la fois trop spécifique, trop importante, trop éloignée des niveaux habituels et trop spéculative.

Mais les deux compagnies aériennes n’ont pas été les seules firmes concernées par des mouvements boursiers très suspects. Les entreprises qui avaient notoirement leurs bureaux dans les tours ont été les cibles de semblables spéculations, à l’image de la banque Morgan Stanley (présente sur 22 étages de la Tour 2) dont le volume des options à la vente est monté à quatre-vingt fois sa valeur moyenne entre le 6 et le 10 septembre 2001. L’action chute de 13 %, ce qui rapporte plus d’un million de dollars aux spéculateurs. Même scénario pour la banque Merrill Lynch : volume multiplié par cinquante, action qui chute de 11,5 % et gain minimal de 5,5 millions de dollars. Par ailleurs, des achats anormalement élevés de bons du Trésor américain à cinq ans (dette publique américaine) ont été commis juste avant les attentats, après lesquels la valeur de ces bons a brusquement augmenté.

Ces mouvements inhabituels n’étaient certainement pas passés inaperçus aux yeux des acteurs des marchés financiers, mais la loi du silence règne dans ce microcosme. Certains témoignages affirment même que la réaction générale n’était pas l’indignation, mais le regret de ne pas en être.

Citation

Romain Treffel, « Le délit d'initié du 11 Septembre 2001 », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 12/05/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».