"Tous les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes souvent morts depuis longtemps et dont ils ignorent le nom " - John Maynard KEYNES

"La puissance productrice d’un pays peut s’accroître d’une façon plus que proportionnelle à l’augmentation du chiffre de sa population" - Alfred MARSHALL

"Mes clients sont libres de choisir la couleur de leur voiture à condition qu’ils la veuillent noire" - Henry FORD

"Il y a lieu d’adopter la stabilité du niveau des prix comme, à la fois, but de la politique monétaire, guide et critère de réussite" - Milton FRIEDMAN

"Lorsque circulent dans un pays deux monnaies dont l’une est considérée par le public comme bonne et l’autre mauvaise, la mauvaise chasse la bonne" - Sir Thomas GRESHAM

"A long terme nous serons tous morts" - John Maynard KEYNES

"On appelle progrès technique une capacité d’action de plus en plus efficace que l’homme acquiert par l’effort intellectuel sur les éléments matériels" - Jean FOURASTIE

"Les crises de demain sont souvent le refus des questions d’aujourd’hui " - Patrick LAGADEC

"La protection douanière est notre voie, le libre-échange est notre but " - Friedrich LIST

"La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts " - Georges CLEMENCEAU

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Pas de croissance dans l'antiquité

28 février 2018

Fonctionnant sur une économie foncière et agricole, la société antique ignorait la croissance économique. En effet, elle concevait les échanges économiques comme un jeu à somme nulle, d’où notamment sa propension à considérer les fortes inégalités dont elle était marquée comme naturelles. La pensée économique de Platon est caractéristique de cette ignorance.

Platon

La pensée économique de Platon est caractéristique de cette ignorance car une de ses idées principales est la nécessité de limiter la population (la cité idéale doit rassembler 5040 citoyens) afin de limiter la production agricole nécessaire à son alimentation – il rend ainsi la croissance (agricole) inutile, la pensant impossible. Son disciple, Aristote, est conduit par la même ignorance à condamner le prêt à intérêt, car il y voit un mécanisme qui conduit inexorablement les emprunteurs à la ruine, puis à la perte de liberté (Athènes pratiquait la servitude pour dette jusqu’à son interdiction par le législateur Solon). En prenant en compte la potentialité d’une croissance du produit, on comprend, comme plus tard Saint Thomas d’Aquin, que la croissance est la condition qui justifie et rend possible l’endettement à intérêt, le supplément de production permettant de rémunérer le risque pris par le créancier.

La croissance économique est en réalité à la fois un concept et une réalité relativement récents. Les historiens et les statisticiens ont mis en évidence qu’avant la Révolution industrielle (XVIIIe siècle) la croissance de la production résultait essentiellement de celle de la population ; autrement dit la croissance hors démographie était nulle. Les très fortes croissances de la première moitié du XIXe siècle vident l’angoisse démographique de l’Antiquité (plus tard partagée par Malthus) de son sens, dès lors que les moyens de subsistance peuvent suivre la démographie.

Citation

Romain Treffel, « Pas de croissance dans l'antiquité », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 05/05/2015. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».