"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"Les bonnes questions ne se satisfont pas de réponses faciles" - Paul SAMUELSON

"La propriété est un droit antérieur à la loi, puisque la loi n'aurait pour objet que de garantir la propriété" - Frédéric BASTIAT

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"La grande industrie exige sans cesse une armée de réserve d’ouvriers sans emploi" - Karl MARX

"Il serait un mauvais économiste celui qui ne serait qu’économiste" - Friedrich HAYEK

"L’inflation est toujours un phénomène monétaire" - Milton FRIEDMAN

"La protection douanière est notre voie, le libre-échange est notre but " - Friedrich LIST

"Un peu d’internationalisation éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" - Jean JAURÈS

"Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation" - Thomas JEFFERSON

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Le libéralisme économique

8 janvier 2015

Le texte qui suit est l'œuvre de l'économiste français Augustin Landier (Professeur à l'école d'économie de Toulouse - TSE). A ce titre, je le remercie de m'avoir autorisé à reproduire son analyse qui vise à éclairer des éléments constitutifs fondamentaux du libéralisme en économie tels que l'importance du contrat, les mécanismes incitatifs, les comportements naturels des agents économiques, le "signal prix", la concurrence, la prise en compte de la réalité et le non-angélisme vis-à-vis de l'Etat.

LANDIER Augustin _ leconomiste.eu

 "Guérir la névrose économique", texte de l'économiste français Augustin Landier

"En France, former une commission d'experts chargés de trouver le Google de 2030 ne provoque pas l'hilarité !"

Le fait est connu, les Français ont des croyances sur l'économie qui sont devenues assez singulières dans le monde : 41% d'entre eux pensent qu'il faut chercher une alternative au capitalisme de marché (contre 9% en Allemagne, 19% en Chine). Cette singularité n'est pas le fait le plus perturbant ; plus inquiétante est la confusion totale qui s'est installée sur ce qu'est en économie l'esprit du libéralisme. Par exemple, on qualifie souvent de libérales des politiques qui sont en fait des dispositifs de subventions aux grandes entreprises. C'est un contresens total.

Avoir une vision libérale de l'économie, ce n'est certainement pas nier l'importance des règles du jeu ou de la redistribution. Au contraire, c'est voir que le jeu du capitalisme nécessite une constante vigilance pour assurer le respect des contrats ; c'est se préoccuper du poids des lobbies, qui influent sur les politiques pour protéger leurs rentes par la réglementation.

Etre libéral, ce n'est pas se soucier de l'offre plus que de la demande ; c'est savoir décrypter les conflits d'intérêts et défendre les droits du consommateur et de l'entrepreneur en assurant la libre concurrence.

On reconnaît la sensibilité libérale des économistes à trois thèmes :

  • Le premier, c'est l'importance des incitations : les individus ont des comportements qui s'expliquent en grande partie par la logique de l'intérêt particulier. Nier le rôle de la carotte et du bâton dans la description des faits économiques, c'est fermer les yeux sur un champ de forces considérable.
  • Le deuxième, c'est l'idée que le mécanisme des prix est souvent une façon inégalable d'organiser les échanges. La concurrence est au cœur de ce sujet, car, sans elle, les prix sont faussés.
  • Enfin, il y a une vision plutôt sceptique de la bienveillance naturelle de l'Etat et de sa capacité à planifier : les hommes politiques au pouvoir sont des agents économiques comme les autres ; ils se soucient de leur carrière et peuvent être "capturés". L'Etat bienveillant ou omniscient n'est pas une bonne hypothèse de travail.

De même que les médecins travaillent sur les cas pathologiques, une grande part de la tâche des économistes consiste à réfléchir aux situations où le marché fonctionne mal, par exemple l'assurance-santé, le système bancaire ou le financement de la recherche ; dans chacun de ces cas, la simple mise en place d'un marché ne suffit pas. Je n'y vois pas de contradiction. Réfléchir sur le design de la régulation fait partie de la panoplie de l'économiste libéral moderne ; refuser l'existence de "failles du marché" serait absurde.

Foi dans l'Etat planificateur, rejet du marché, tolérance pour la rente et parfois inattention aux conflits d'intérêts : d'où vient cette exception française ? Pourquoi peut-on ici former une commission d'experts chargés de trouver le Google de 2030 sans provoquer l'hilarité ? Pour l'essentiel, c'est la conséquence de la reconstruction euphorisante d'après-guerre sous la houlette d'un Etat planificateur et héroïque (figure du haut fonctionnaire résistant). Quand il s'agit d'innover, de remettre en question les modèles existants, l'économie centralisée fonctionne mal et la liberté d'explorer, d'essayer, de se tromper, est cruciale. Les mythes centralisateurs sont en train de disparaître chez les jeunes : ceux qui se battent pour être chauffeur de VTC, vendre des cigarettes électroniques, ceux qui s'étonnent que les boutiques soient contraintes de fermer le dimanche ou jugent absurde qu'on ne trouve pas d'aspirine en grande surface, ce sont essentiellement les jeunes. Cet appétit de liberté me rend optimiste sur l'avenir du pays.

Citation

Sylvain Fontan, “Le libéralisme économique”, analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 21/02/2014.