"Le socialisme est une philosophie de l'échec, le crédo de l'ignorance et l'évangile de l'envie " - Winston CHURCHILL

"Le changement du monde n’est pas seulement création, progrès, il est d’abord et toujours décomposition, crise " - Alain TOURAINE

"Quand vous êtes capable, feignez l'incapacité. Quand vous êtes proche, feignez l'éloignement. Quand vous êtes loin feignez la proximité" - Sun TZU

"En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi" - Alfred SAUVY

"L'argent public n'existe pas, il n'y a que l'argent des contribuables" - Margaret THATCHER

"L'épargne et l'accumulation de biens de capitaux qui en résulte sont au début de chaque tentative d'améliorer les conditions matérielles de l'homme; c'est le fondement de la civilisation humaine" - Ludwig Von MISES

"Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème" - John Bowden CONNALLY

"L'économie mondiale demeure une notion abstraite aussi longtemps que l'on ne possède pas un compte en banque" - Achille CHAVEE

"Tout l’art du bon gouvernement consiste à plumer l’oie de façon à obtenir le maximum de plumes avec le minimum de cris" - Jean-Baptiste COLBERT

"On taxe les riches car ils sont riches et on taxe les pauvres car ils sont nombreux " - blague de fiscaliste

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Le prix de la seconde

7 juin 2017

L’économiste Paul Samuelson avait réfléchi à la perversité de la rémunération de la possession d’une information peu de temps en avance. Il avait imaginé la situation d’une personne capable d’obtenir les données cruciales une seconde avant tous les autres. Si la valeur sociale de ce léger avantage est quasi nulle, le bénéfice privé peut en revanche être très important. Un demi-siècle plus tard, le trading haute fréquence (HFT) illustre cette expérience de pensée. Par Romain Treffel.

Prix de la seconde

 Fin mai 2013, par exemple, l’agence de presse canadienne Thomson Reuters a conclu un contrat d’un million de dollars avec l’université du Michigan pour recevoir son étude de confiance économique cinq minutes avant le reste du monde. L’agence fournit en effet un service intitulé « latence ultrabasse », facturé 2000 dollars par mois, qui permet à ses clients privilégiés d’obtenir certains indices cruciaux deux secondes avant sa sortie publique ! Or, deux secondes constituent une éternité pour le HFT, dont les ordres passent en largement moins d’un millième de seconde. Ainsi, deux mouvements spéculatifs (tout à fait légaux) sont survenus respectivement 0,25 seconde et 0,03 seconde avant la publication de l’indice de l’université !

Le développement du HFT déplace l’enjeu de l’investissement boursier. Cet enjeu est désormais technologique, car le succès dépend de la puissance du matériel informatique, des logiciels, et encore plus simplement, tant les durées en question sont infimes, de la distance entre l’émetteur de l’ordre et le récepteur – les câbles du réseau doivent être les plus courts possibles, les ordinateurs sont même parfois collés aux serveurs des opérateurs boursiers ! Les entreprises du secteur, composées de mathématiciens, de physiciens, d’ingénieurs et d’informaticiens, engrangent des fortunes en écrémant des montants infimes – comme l’avait imaginé Samuelson – au détriment d’acteurs qui n’ont pas leur capacité technologique. Tels des vautours qui surveillent leurs proies avant de plonger sur elles à l’instant idoine, ils n’exécutent qu’une minorité d’ordres, après avoir ferré des opérateurs moins retors. On comprend donc bien en quoi cette évolution est néfaste : elle rompt l’égalité formelle entre acheteurs et vendeurs que permet l’institution d’une bourse.